Didier de Plaige

Mardi 9 Décembre

décembre 9th, 2008 Posted in Décembre 2008

Un groupe de scientifiques est venu plaider aux Nations-Unies pour la mise en place urgente d'un bouclier contre les astéroïdes. La réunion s'est tenue à Vienne, en Autriche, dans les locaux de l'organisation.

L'Association des explorateurs de l'espace (ASE) compte 320 membres, issus de 34 pays. Elle est exclusivement composés de personnes ayant volé dans l'espace. La Commission concernée est présidée par l'ancien astronaute américain Russell Schweickart.

Le groupe, constitué en 2005, espère que les autorités mondiales pourront consacrer 100 millions de dollars par an à la mise en place d'un système d'alerte, et s'accorderont un budget conséquent pour se doter de moyens d'intervention.

Il s'agit de constituer un réseau international de surveillance, pour identifier les astéroïdes susceptibles de percuter la Terre. La réaction consisterait à envoyer des engins dans l'espace, capables de détruire ou détourner les objets menaçants.

Russell Schweickart

Lord Rees, le président de la Société Royale d'Astronomie britannique, a souligné l'urgence d'une telle opération. Bien qu'une collision d'un astéroïde avec la planète présente un risque assez faible, les conséquences seraient dévastatrices.

Un astéroïde qui a frappé la Terre, il y a 65 millions d'années, a causé l'extinction des dinosaures et 70% des espèces. On sait que la région sibérienne de la Tounguska, en 1908, a été dévastée par l'impact d'un immense objet extraterrestre.

"La communauté internationale doit se mobiliser dès maintenant pour prévenir ces risques - nous devons constituer un réseau d'alerte, mettre au point des technologies de détournement, et nous accorder sur un protocole de décisions." L'objectif est d'évaluer les astéroïdes de taille supérieure à 45 mètres de diamètre.

On estime que deux ou trois impacts par de tels objets se produisent tous les 1.000 ans.

Le groupe envisage que d'ici 2020, le perfectionnement des télescopes permettra de localiser quelques 500.000 astéroïdes en orbite autour du Soleil et d'étudier leurs déplacements.

Parmi ceux-ci, plusieurs dizaines se révèleront potentiellement dangereux pour la Terre.

Cependant, il ne sera pas possible de prévoir lesquels de ces astéroïdes pourraient nous percuter avant qu'ils soient assez prôches. Au point qu'il serait peut-être trop tard pour réagir.

C'est pourquoi l'association estime nécessaire de pouvoir lancer des missions capables de détourner ou détruire ces astéroïdes, même s'ils ne présentent qu'un risque sur 10, ou sur 100, de frapper notre planète. Elle suggère que l'ONU soit en charge de gérer le processus de décisions.

"Au cours des 10 ou 15 prochaines années, la recherche des astéroïdes permettra d'identifier des dizaines de nouveaux objets menaçants, qui nécessiteront une prise de décision rapide par les Nations-Unies". En outre, il faudra lancer ces missions suffisamment tôt pour qu'une légère déviation puisse produire ses effets au cours des années suivantes. Le monde ne pourra pas compter sur un Bruce Willis, héros du film Armageddon, intervenant à la dernière minute pour sauver la Terre.

Actuellement, la NASA consacre 4 millions de dollars par an pour la détection des astéroïdes. Ce budget, estime l'association, est totalement irréaliste. La mission d'étude de l'ESA et ses quelques dizaines de millions de dollars, concernant l'astéroïde Apophis - qui selon les astronomes a 1 chance sur 45.000 de frapper la Terre au cours de ce siècle - semblera modeste en regard des sommes qu'il faudra investir.

Pour avoir des chances d'être efficace, un système de protection représente donc environ 100 millions de dollars par an, auxquels s'ajoutent les moyens d'intervention. A ce stade, deux possibilités sont envisagées : faire s'écraser un vaisseau sur l'astéroïde ou déclencher une explosion nucléaire à proximité.

L'association estime que le coût d'un tel programme ne doit pas être un obstacle à sa réalisation : "Nous devons tout faire pour éviter de périr à la suite d'une telle collision. Nous ne devons pas fuir nos responsabilités." La commission de l'ONU sur les utilisations pacifiques de l'espace doit examiner ce rapport entre les 3 et 12 juin 2009, à Vienne. - Source

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