Didier de Plaige

Wonders in the Sky

Un article de Alan Boyle : l'un des scientifiques les plus connus ayant étudié le phénomène OVNI a orienté ses recherches sur les merveilles du ciel dans l'Antiquité.

Jacques Vallée, génie français de l'informatique ayant notamment servi de modèle pour le personnage incarné par François Truffaut dans "Rencontres du Troisième Type" prétend que les observations du ciel dans l'Antiquité montrent que le phénomène OVNI n'a pas démarré en 1947. Il est co-auteur d'un tout nouveau livre "Wonders in the SKy" (Merveilles dans le Ciel) qui énumère près de 500 observations aériennes inexpliquées de 1460 avant J.C. jusqu'à l'aube de l'âge industriel en 1879. Le 500ème cas porte sur l'observation d'un "dirigeable" inconnu au dessus de l'Est de l'Iowa, où j'ai grandi. Coïncidence ? Je ne crois pas.

Jacques Vallée et Chris Aubeck ont également examiné de nombreuses légendes sur les OVNIs qu'ils ont exclues de leur liste, telle que celle d'Alexandre le Grand qui voit un objet volant tirant des rayons lumineux. Ils expliquent qu'après avoir retracé l'histoire, il s'avère qu'il s'agissait de poudre à canon et non d'un OVNI.

Environ 90% des observations d'OVNIs ont des explications parfaitement naturelles, mais Jacques Vallée affirme que les observations restant inexpliquées sont suffisamment troublantes pour mériter une étude plus approfondie.

Cette semaine, il m'a présenté ces dossiers lors d'une conversation téléphonique.

Lorsqu'il prétend que l'ère moderne des soucoupes volantes a commencé dans mon "trou paumé", il ne parle pas de l'Est de l'Iowa, mais de l'Ouest de Washington, où se situent les bureaux de MSNBC.com (Coïncidence ? Je ne crois pas). Voici la première partie de la transcription de cette conversation :

Jacques-Vallee & Chris Aubeck
Jacques-Vallee & Chris Aubeck

Cosmic Log : Il est intéressant de voir que ce genre d'observation remonte à l'antiquité, ce qui impliquerait que, d'une certaine façon, le phénomène soit lié à l'humanité.

Masolino 1440

Jacques Vallée : Cela a forcément eu un impact sur l'humanité. Nous ne rentrons pas dans les théories, car nous ne pensons pas être prêts à formuler une hypothèse solide sur le phénomène. Ce que nous essayons de faire... et bien, comme vous le savez, en sciences, on cherche à savoir comment les choses ont commencé, et dans quelles conditions.

Aujourd'hui, dans la plupart des livres traitant des OVNIs, il est dit que le phénomène a débuté en 1947. En fait, cela aurait commencé dans votre trou paumé quand un pilote du nom de Kenneth Arnold a dit avoir vu 6 objets ressemblant à des soucoupes en vol. Le problème est que cela n'a pas commencé en 1947. Nous avons des cas identiques au début du 20ème siècle, et quand vous vous intéressez à la littérature du 19ème siècle, vous trouvez des expériences similaires.

Il y a 40 ans, dans "Passeport pour Magonie" j'écrivais ceci: "Regardez, tout ça est vraiment similaire au folklore antique, avec les elfes, les démons, les anges et d'autres types de créatures, lepreuchauns et d'autres, qui dans de nombreux cas venaient aussi du ciel et faisaient des choses très proches". Bien sûr cela fait maintenant partie du folklore, et la question que je posais était : Sommes-nous confrontés au même type de folklore avec les OVNIs modernes ?

Pourrait-il y avoir un phénomène réel sous-jacent à tout cela qui n'aurait pas été identifié ? Qu'il soit d'origine extraterrestre ou non est une autre question. Bien sûr, c'est possible. L'univers est vaste. Beaucoup d'astronomes, moi y compris, croient fortement en la vie dans le cosmos.

Mais encore devons-nous connaître les caractéristiques du phénomène. Grâce à internet, nous avons aujourd'hui accès à une vaste collection d'enregistrements, des journaux aux livres, en passant par les expositions des musées. Chris Aubeck est un anglais vivant à Madrid, un érudit de l'histoire des langages; il m'a contacté pour que nous fassions ces recherches ensemble. Nous avons donc mis nos données en commun. Il a monté une communauté remarquable de personnes vivant en Russie, en Allemagne, en Amérique latine, aux USA - et bien d'autres encore - qui effectuent toutes ce genre de recherches. Nous avons commencé à étudier tous les cas, cherchant des références originales. Cela a pris 6 ans. Personne n'a été payé. C'est avant tout une affaire de passion. Je crois que nous sommes tous tombés amoureux du sujet, tant il est riche et intéressant.

CL : Quelle approche mettre en place pour une étude de ce genre ? L'étude scientifique de ces observations, et sa reconnaissance, est pleine de difficultés. Certains évoquent le "facteur ricanement".

JV : Nous avons dépassé ce stade. Aujourd'hui, des pilotes, du personnel militaire, veulent témoigner ouvertement. Les dossiers de nombreux pays ont été rendus publics.

Vous savez, je suis membre du comité d'experts d'étude des phénomènes aériens de l'équivalent français de la NASA, le CNES. Cet organisme travaille officiellement sur le phénomène depuis 1975 et possède une base de données. J'ai construit l'une des premières sur les observations.

De par ma formation d'informaticien, j'ai logiquement commencé à chercher des similitudes, des "schémas". Bien sûr nous savons tous que 90% des rapports sont explicables, soit par des illusions ou des avions, soit par des météores et autres phénomènes atmosphériques.

La seconde partie de notre livre porte uniquement sur les cas que nous avons exclus, et sur la raison de leur exclusion. Mais il reste un nombre significatif - des dizaines de milliers de cas - tous inexpliqués.

Et non seulement ils sont inexpliqués, mais également très bien documentés, suffisamment pour que des scientifiques puissent commencer à chercher des "schémas de comportement" dans le phénomène.

Salimbeni 1600

C'est ce que j'ai fait. En particulier dans mes premiers livres. Je l'ai fait avec un petit groupe de scientifiques qui, de par le monde, sont très intéressés par le phénomène. Je le répète, je n'ai pas de conclusion définitive, mais les comportements observés impliquent une technologie qui découle certainement de notre science. La physique du phénomène m'intéresse. Il existe des enregistrements radar, des observations visuelles et électromagnétiques, donc assez de matériel pour commencer à travailler.

CL : Je suppose que ces observations aériennes (ou du moins le petit pourcentage de celles qui sont inexpliquées) pourraient être considérées comme la preuve que des entités se trouvent parmi nous depuis longtemps. Ce n'est pas comme si quelqu'un s'était montré en 1947 pour dire "nous allons sauver l'humanité d'elle-même". Cela pourrait suggérer que des visiteurs aliens sont ici depuis bien longtemps, mais il peut y avoir d'autres explications. Par exemple, cela pourrait mettre en lumière la façon dont notre esprit fonctionne... qu'il s’agit d'un phénomène purement psychologique ou mental.

Wonders-in-the-Sky

JV : Ca ne peut être un phénomène simplement psychologique. Bon nombre des cas, qu'ils soient anciens ou modernes, impliquent des gens entraînés, parfois tout l'équipage d'un appareil...

Il y a une base de données contenant plus de 500 rapports qui émanent directement des pilotes. Ce ne sont pas des on-dit, ce n'est pas du genre "mon neveu m'a dit qu'il y a quelque chose qu'un pilote a vu". Ce sont des témoignages de première main, des rapports officiels de pilotes qui ont failli, dans de nombreux cas, entrer en collision avec ces objets.

C'est donc une affaire très sérieuse et tout le monde est au courant. Il y a une réaction de ridicule simplement parce qu'on ignore ce que c'est. La tendance naturelle est d'en rire et c'est probablement une attitude saine. C'est une réaction psychologique pour se protéger de ce que nous ne comprenons pas. Plusieurs rapports dans notre livre proviennent de scientifiques professionnels des 18 et 19ème siècles.

Deux directeurs de l'Observatoire de Paris. Des gens ayant laissé leur nom dans l'histoire de la science, comme JL Lagrange ou C. Messier. Ce ne sont pas des observateurs lambda. Ce sont des hommes sérieux. - Source

CL : Les gens sont souvent amenés à penser que le gouvernement en sait plus qu'il ne le dit, et qu'il y a une sorte de conspiration générale pour cacher les faits. Vous avez résisté à cette tentation conspirationniste. Mais face a des preuves crédibles, comment évitez-vous de voir les choses de cette façon ?

JV : Vous savez, il y a une grande différence entre une grande accumulation de données et trouver une explication. Par exemple, il y a beaucoup de données sur les gens qui meurent du cancer tous les jours. Nous avons des échantillons, des radios, nous avons toutes les informations sur ce qui leur est arrivé.

Et nous avons utilisé les plus hautes technologies pour résoudre ce problème depuis 50 ans. Mais nous ne savons toujours pas comment soigner le cancer. Donc il y a une grosse différence entre dire que "le gouvernement doit avoir beaucoup de données" et dire que "le gouvernement sait ce que c'est".

Airships

Ma conclusion sur le sujet est qu'une partie du gouvernement doit avoir une énorme quantité de données qui devrait être livrée à la communauté scientifique. De quoi ont-ils peur ? La bonne façon de s'attaquer au problème est de fournir aux scientifiques l'accès à ces données, afin qu'ils puissent entrer en compétition en essayant de trouver une explication. C'est de cette façon que les logiciels sont conçus.

C'est ainsi qu'Internet a été créé. Je le sais par expérience professionnelle. Comme vous le savez, j'ai travaillé sur ARPANET comme chercheur, j'étais même l'un des principaux. Nous l'avons fait par petites équipes, travaillant en compétition pendant 2 ou 3 ans, et c'est comme cela que l'on fait de la science. Qu'y a-t-il de mal à cela ?

DeGelder Baptism 1770

Nous savons qu'il y a des données. Ceux d'entre nous qui ont étudié le sujet ont parlé avec les pilotes et les opérateurs radar qui disent qu'après une observation, un couple d'officiels en jeans arrivait d'on ne sait où pour confisquer les bandes ou les films, et ils les emmenaient quelque part et personne ne les revoyait plus jamais. C'est arrivé suffisamment souvent pour savoir que les données ne sont pas n'importe où.

Vous savez comment le gouvernement fonctionne : ils accumulent des choses dont ils ne font jamais rien. J'adorerai certainement voir ces données, tout comme bon nombre de mes collègues.

Aussi je crois qu'il devrait y avoir une plus grande ouverture, spécialement des militaires. Il peuvent retirer tout ce qui est confidentiel ou classifié. Si les données proviennent d'un type de radar spécial, nous n'avons pas besoin de savoir quel type de radar. Nous devons juste savoir ce qu'était le phénomène et travailler à partir de ça.

En conséquence, je suis d'accord avec les gens qui souhaitent la divulgation. Je n'ai aucune preuve me disant que le gouvernement a la solution du problème, mais je me trompe peut-être. Le gouvernement ne me dit pas ce qu'il fait.

CL : Vous travaillez sur le sujet depuis des décennies maintenant. Comment le ressentez-vous ? Avez-vous peur ? Pour beaucoup de gens, cela peut devenir plutôt inquiétant.

JV : Tout d'abord, je ne suis certainement pas frustré. Nous faisons beaucoup de progrès, et ce livre en est un exemple. Nous pensons que ce n'est que le début. Ce livre va stimuler les universitaires dans d'autres pays pour qu'ils regardent dans leurs propres archives. C'est excitant.

Nous avons longtemps travaillé, et nous n'avons pas de réponse - mais la science est ainsi faite. J'ai travaillé à l'université du Texas sur la structure des galaxies, et nous ignorons toujours quelle est cette structure. Nous sommes perplexes devant la "matière noire" et ce genre de choses. Il y a très peu de sciences qui donnent des réponses définitives dans votre vie. Vous pouvez travailler pendant des décennies sur le cancer pour ne voir qu'une amélioration marginale des chances de succès.

Nice
Germany 1697

Personnellement, je n'ai jamais eu peur du phénomène. Il m'arrive de ressentir une certaine crainte. La chose qui nous a fait continuer pendant ces 6 années de travail sur ce livre est que la matière à étudier est vraiment incroyable. Ici vous avez Michel-Ange observant un triangle dans le ciel. Là vous avez Cassini qui observe quelque chose dans le ciel, et qui ne publiera rien à ce sujet jusqu'à ce qu'il l'observe une seconde fois, plusieurs années après. Cela ne touche pas seulement à l'histoire des sciences, mais également à l'histoire de la culture.

CL : Si vous pouviez changer quelque chose sur la façon dont le phénomène est traité dans les média, que changeriez vous ? Quel serait votre conseil ?

JV : Si vous vous promenez dans les rues de Seattle ce soir et que vous observez quelque chose dans le ciel, où iriez-vous en parler ? Si vous appelez l'Air Force, ils vous diront, "Nous ne sommes plus en charge de ça". Si vous appelez un observatoire, ils vous riront au nez.

Si vous allez vers la police, ils vous diront "nous avons d'autres chats à fouetter". Vous n'aurez nulle part où aller. Donc vous appellerez peut-être un journal, lequel écrira un article au second degré sur une personne ayant probablement un peu trop bu. Et c'en sera fini. Vous n'en parlerez plus nulle part après ça.

Pourquoi ne pas monter quelques petits projets scientifiques avec un numéro d'appel largement diffusé, où les gens seraient pris au sérieux ? Encore une fois, la plupart de ces témoignages seraient expliqués très rapidement. Les gens confondent Vénus et un vaisseau spatial, ils confondent la Lune montant au travers du brouillard, avec une soucoupe volante. La plupart des témoins cherchent sincèrement une explication ordinaire, et si vous leur donnez, ils sont contents. Mais de temps en temps vous avez quelque chose qui n'a pas d'explication, et vous devez entamer des recherches.

Donc je mettrais en place 4 ou 5 petits projets dans ce genre dans le pays, afin de s'occuper du sujet sans idées préconçues, sans dire notamment que c'est une invasion aliène ou quoi que ce soit dans ce genre. C'est potentiellement un phénomène très important.

Crivelli

Le top 10 des OVNIs pré-20° siècle selon Jacques Vallée :

1878

- 7 Juillet 1015 : des objets émergent "d'étoiles mères" au dessus de Kyoto au Japon.
- 2 Octobre 1235 : des étoiles tournoyantes sont vues au dessus du Japon. Les astrologues disent que "c'est seulement le vent qui fait osciller les étoiles".
- 3 Juin 1277 : le poète chinois Liu Ying immortalise une observation de soucoupe volante dans un poème intitulé "Evènement vu à l'aube"
- 1 Novembre 1461 : le conseiller juridique de Philippe III, duc de Bourgogne, décrit un objet brillant montant en spirale, tournant sur lui même comme une montre, puis disparait.

- 1513 : Michel-Ange observe une lumière triangulaire avec trois queues de différentes couleurs. Il en a même fait une peinture, mais celle-ci n'a pas survécu.
- Mars 1638 : le colon puritain James Everll et deux de ses compagnons observent un objet brillant apparaissant dans le ciel au dessus de la Muddy River au Massachussett... et ont une expérience de "temps manquant".
- 14 Septembre 1641 : un chroniqueur arménien décrit l'apparition d'une lumière qui "tournait sur un axe comme une roue" dans le ciel et qui s'en est allée.

- 25 Janvier 1672 : alors qu'il officiait à l'Observatoire de Paris en tant que directeur, l'astronome Giovanni Cassini aperçoit un objet qu'il prend pour une lune de Vénus. Il annonce sa découverte après avoir réaperçu l'objet en 1686. Mais il n'existe aucune lune comme celle-ci. (La lune hypothétique, qui s'était faite appeler Neith, a également été reportée par d'autres astronomes. Les scientifiques avaient spéculé que l'objet n'était en réalité qu'une illusion d'optique ou une étoile proche)
- 7 Septembre 1820 : l'astronome François Arago, directeur de l'Observatoire de Paris, observe une formation d'objets inconnus tournant avec une "précision militaire" pendant une éclipse de Lune.
- L'équipage du navire anglais Victoria dit avoir vu "trois corps lumineux" sortir de la mer entre Malte et la Turquie. -
Source

Bimap, pour Ovnis-USA

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