Didier de Plaige

Vatican : L’E.T. est mon Frère

Mardi 14 Mai 2008

Monseigneur Corrado Balducci, théologien au Vatican, avait déjà engagé l'Eglise dans la voie d'une reconnaissance de la réalité extraterrestre. Hier, le directeur de l'observatoire de Castel Gandolfo vient de rappeler que la foi en Dieu n'exclut pas d'envisager l'existence des aliens.
Le Révérend Jose Gabriel Funes a déclaré que l'immense étendue de l'univers montre qu'il est possible que d'autres formes de vie existent en-dehors de la Terre, même des êtres évolués.
Dans
une interview publiée par L'Osservatore Romano le 13 mai, jour anniversaire de la première apparition de Fatima, le Révérend Funes a dit que cette idée "ne saurait être contraire à la foi chrétienne" parce que les aliens seraient des créatures divines.
L'interview reprend en titre une de ses formules : "L'extraterrestre est mon frère". Selon lui, nier l'existence des E.T. serait comme "imposer des limites" à la liberté du Créateur. "Comme il existe une multiplicité de créatures sur Terre, il peut y avoir d'autres êtres également intelligents créés par Dieu".

Mardi 20 Mai 2008

Après l'interview largement diffusée de l'astronome du Vatican, "l'Extraterrestre est mon frère", les représentants des autres grandes religions n'allaient pas être en reste :

Des membres influents des musulmans de Russie et aussi du judaïsme viennent également de déclarer que l'existence d'une vie extraterrestre ne serait pas contraire à la foi.
Le 15 mai, le représentant du Conseil des Muftis de Russie, Rushan Abbyasov, déclarait : "L'enseignement de l'Islam admet qu'il existe une intelligence extraterrestre : une des sourates commence en célébrant Allah, le Seigneur des Mondes. Il est donc possible qu'il existe d'autres civilisations dans l'univers."

De son côté le Rabbin Zinovy Kogan a fait connaître la position du judaïsme : "Le Seigneur est la cause première de tout ce qui existe, dans l'infiniment petit comme l'infiniment grand. On ne peut exclure que d'autres créatures semblables à l'homme puissent exister dans d'autres mondes."

Cependant, l'église orthodoxe reste réfractaire à cette idée : Le célèbre théologien et professeur de l'Académie Théologique de Moscou, Alexey Osipov a même rejetté le même jour l'idée qu'une vie intelligente existe ailleurs dans l'univers, "parce que le Nouveau Testament n'en fait pas mention, et que des hommes ayant atteint un certain degré de réalisation spirituelle n'en ont jamais parlé." Il a ajouté : "Les astronomes n'ont pas découvert dans l'espace des planètes semblables à la nôtre. Certes, il y a quelques théologiens qui se sont intéressés à cette question, mais s'il demeure des phénomènes inexpliqués, ils relèvent plutôt des curiosités astronomiques et ne sont pas d'ordre spirituel." Il conclut : "Le royaume des esprits environne la Terre et interfère avec les humains, mais il s'agit d'entités démoniaques et non d'êtres angéliques." source.

Quant à Igor Vyzhanov, Patriarche du Département des Relations Extérieures de l'Eglise de Moscou, secrétaire pour les affaires inter-chrétiennes, il préfère éluder : "Cette question n'a absolument aucun sens pour l'Eglise, ce n'est même pas un problème scientifique, mais une simple curiosité."

Pourquoi ces prises de position de tous les responsables religieux sont-elles quasi simultanées ? Dans son nouvel Edito, l'homme de radio Kevin Smith tente de comprendre ce qui est en train de se passer :

Kevin Smith

Le 14 février 2008, j'ai diffusé le rapport du Dr. Michael Salla, déclarant qu'une réunion secrète à l'ONU, avait évoqué la divulgation Ovni. Les participants avaient décidé que le public devait être acclimaté à l'idée de l'existence des extraterrestres, et au fait qu'ils visitent cette planète. Presque immédiatement, la communauté ufologique (qui a tendance à s'auto-détruire) a commencé à débattre de savoir si la réunion avait bien eu lieu. Pendant que le débat faisait rage, les résolutions de cette réunion commençait à s'implémenter.
Le Vatican vient d'annoncer qu'il est tout à fait acceptable pour les Catholiques de croire à l'existence des extraterrestres. En faisant connaître cette position, il a oté un poids considérable des épaules des Catholiques romains qui s'intéressent au phénomène. Le Vatican leur a déclaré que les extraterrestres devaient être considérés comme nos frères.

Le Ministère de la Défense britannique a décidé de déclassifier ses archives Ovnis, suivant de peu l'attitude de la France, qui avait procédé à cette diffusion l'an dernier.

Au Brésil et au Pérou, des Généraux de haut rang ont fait savoir publiquement qu'il était temps que leur gouvernement, et tous les gouvernements, divulguent cette information au public. Le génie est maintenant sorti de la bouteille, et il semble impossible qu'il puisse y rentrer de nouveau. Il apparait évident pour tout le monde qu'un programme d'acclimation publique est lancé.

L'idée de l'existence des extraterrestres fait beaucoup moins sourire les grands medias. Même s'ils n'ont pas encore réalisé que leur audience connait déjà bien des aspects de ce phénomène, les medias commencent à traiter le sujet avec davantage de professionalisme. Ils ont entrepris de se libérer d'un certain nombre de pré-conceptions qui leur servaient à traiter les témoins par le ridicule, ce qui a porté atteinte à la réputation de quantités de gens pendant des décennies. Peut-être ont-ils réalisé que le fait de propager la vérité pourrait leur permettre de rattraper le train en marche, et revigorer leurs scores d'audience.

Si, en effet, le programme d'acclimation dont parle le Dr. Salla a commencé, nous devons nous attendre dans les mois qui viennent à bien d'autres révélations au sujet des Ovnis et de leurs occupants. On va probablement nous rabâcher des tas de choses que nous savons déjà, alors que l'arrière-garde des tenants du secret s'étaient convaincus que nous allions céder à la panique. On va donc nous ressasser les mêmes talk-shows, et des quantités d'informations qui était déjà accessibles à tous dans les conférences, et les ouvrages des enquêteurs et des ufologues.

Dans le monde occidental industrialisé, le programme d'acclimatation devrait plutôt concerner les artisans de la pensée officielle que le grand public. Les citoyens sont déjà en première ligne dans ce domaine. Alors qu'il est encourageant de voir maintenant des responsables se mettre en avant, pour réclamer la vérité sur les Ovnis, il est quand même désolant de constater comment ils tentent de récupérer la situation en s'écriant : "Hé, nous sommes vos leaders, attendez-nous !". C'est la vie !

Mercredi 11 Novembre 2009

Nouveau colloque scientifique au Vatican

Cet article du Washington Post est signé de Marc Kaufman, chroniqueur scientifique. Il a été repris sous forme condensée par The Telegraph :

"A quelques centaines de mètres du Vatican, sur le Campo de' Fiori, se trouve une grande statue de Giordano Bruno, un philosophe de la Renaissance, qui avait été condamné au bucher par l'Inquisition en 1600.

Parmi ses nombreuses "hérésies", il croyait en la "pluralité des mondes" - c'est-à-dire à la vie extraterrestre et aux aliens.

L'Académie pontificale des Sciences organisait du 6 au 10 novembre sa première semaine d'études sur l'astrobiologie, cette nouvelle science qui recherche la vie dans le cosmos et s'intéresse à comprendre comment elle est apparue sur Terre.

La Casina Pie IV accueillait des scientifiques de premier plan, venus du MIT, du CNRS, du SETI, ou du Laboratoire d'Astrophysique de Bordeaux. Il apparait maintenant que certaines des traditions qui reposent le plus sur la foi considèrent désormais très sérieusement la possibilité que la vie existe ailleurs sous des formes multiples.

Giordano Bruno
Jose G.Funes

L'astrobiologie s'est imposée, et les institutions sociales et religieuses - dont le Vatican - ont reçu le message.

Le Père jésuite Jose Funes, astronome, et directeur de l'Observatoire du Vatican est l'un des principaux artisans de cette conférence. C'est lui qui dans une interview le 13 mai 2008 avait déclaré que l'immense étendue de l'univers montre qu'il est possible que d'autres formes de vie existent en-dehors de la Terre, même des êtres évolués, et que cette idée "ne saurait être contraire à la foi chrétienne" parce que les aliens seraient des créatures divines.

L'interview reprenait en titre une de ses formules : "L'extraterrestre est mon frère". Selon lui, nier l'existence des E.T. serait comme "imposer des limites" à la liberté du Créateur. "Comme il existe une multiplicité de créatures sur Terre, il peut y avoir d'autres êtres également intelligents créés par Dieu".

Cependant cette idée peut heurter certaines personnes qui sont attachées à des "vérités" bien enracinées. De la même manière que la révolution copernicienne nous avait forcés à réaliser que la Terre n'est pas le centre de l'univers, la démarche des astrobiologistes nous conduit à envisager que nous ne soyons pas seuls, et qu'il y ait d'autres créatures plus avancées dans l'univers.

Ce ne serait peut-être pas "contraire à la foi" mais ça pourrait amener un changement radical quant à la perception de notre place dans l'univers.

Cette conférence de 5 jours était présidée par l'Evêque Marcelo Sanchez Sorondo, qui dirige la prestigieuse Académie pontificale des Sciences. Une trentaine de scientifiques (dont beaucoup ne sont pas croyants) ont présenté des travaux sur l'origine de la vie, la découverte de microbes "extrêmophiles" sur notre planète, qui peuvent nous renseigner sur les possibilités de vie ailleurs, comment des formes de vie pourraient être détectées dans notre système solaire, si une biochimie différente peut manifester la vie, ou encore comment découvrir les bio-signatures en s'intéressant aux nombreuses exoplanètes...

Après avoir surmonté le facteur du ridicule, en ce qui concerne les possibilités de vie extraterrestre, les astrobiologistes ont adapté leur langage scientifique et leur auditoire pourrait un jour utiliser ce discours pour amplifier leur foi.

Marcelo Sanchez Sorondo

L'église catholique n'est pas la seule institution qui se prépare à un tel bouleversement. Par exemple, l'institut National d'Astrobiologie de la NASA, fondé en 1998, avait organisé en février une réunion de savants, de membres de comités d'éthique, de responsables religieux et de philosophes, pour envisager les implications de l'astrobiologie sur la société, et contribuer à réviser la "feuille de route" semi-officielle destinée à répertorier les aspects sensibles d'une possible découverte de la vie extraterrestre.

Alien icone

Cette première étape est considérée par de nombreux scientifiques comme très vraisemblable, elle serait même toute prôche - et consisterait par exemple en la découverte d'une vie microbienne sous le sol martien, ou dans les océans d'Europe (une lune de Jupiter), ou dans les geysers d'Encelade (qui gravite autour de Saturne).

Les astrophysiciens et les astrobiologistes estiment que si l'on découvre une seconde genèse dans un même système solaire, cela augmenterait considérablement la probabilité que la vie soit un phénomène courant dans l'univers. Comme nous le savons, si les conditions sont appropriées, l'évolution peut amener à très long terme des microbes à devenir des dinosaures, des oiseaux, et des humains.

La possibilité de la vie extraterrestre ne pose aucun problème aux religions orientales, qui ne sont pas vraiment géocentristes. L'Islam se soucie assez peu des extraterrestres, parce que le Coran parle explicitement d'autres mondes, et il en va de même pour des communautés chrétiennes telles que les Mormons.

L'astrobiologie représente cependant un défi sérieux pour les religions d'occident, où Dieu et les hommes sont placés au centre du système.

Paul Davies, physicien et cosmologue de l'Université d'Arizona, pense en effet que "la découverte d'une autre genèse aurait un impact énorme dans la sphère spirituelle". Pour lui, les leaders religieux de la Chrétienté en particulier, ont choisi de "minimiser les conséquences".

"La découverte d'une intelligence extraterrestre constituerait une menace, parce que, s'il y a d'autres êtres dans l'univers, ce serait très dérangeant pour les Chrétiens. Ils croient que Dieu s'est incarné sous la forme de Jésus-Christ pour sauver les hommes, pas les dauphins, les chimpanzés ou les petits hommes verts sur d'autres planètes."

Davies a résumé les tensions au sein de l'Eglise catholique : "L'histoire montre que les chrétiens sont divisés en deux camps :

Paul Davies

Certains croient que c'est la destinée humaine d'apporter le salut aux aliens, et d'autres croient en des incarnations multiples". Il fait référence à la croyance selon laquelle le Christ pourrait s'être également manifesté sur d'autres planètes. Mais "l'allusion à des incarnations multiples est une hérésie pour le Catholicisme".. (Et Giordano Bruno en savait quelque chose).

Gary Bates

De nombreux érudits Protestants s'accordent avec Funes, pour dire que la découverte de la vie extraterrestre ne poserait pas un problème majeur pour leur foi ou leur théologie, surtout s'il ne s'agit pas d'être intelligents ou conscients. Mais les évangélistes sont bien davantage concernés, et cela nous rappelle les violents débats sur l'évolution.

Gary Bates, responsable du groupe 'Creation Ministries International', à Atlanta, me déclarait récemment, à propos de la conférence du Vatican : "Sous l'angle théologique, la vie E.T. tournerait en dérision la raison principale pour laquelle le Christ est venu mourir, c'est-à-dire la rémission de nos pêchés, notre rédemption".

Bates croit que "cette communauté terrestre est le but ultime de la création", et qu'une vie extraterrestre intelligente, dotée d'une conscience morale, pourrait dévaluer cette conception et la croyance en l'incarnation, l'épisode dramatique de la résurrection et le thème de la rédemption, qui est le point central de la foi. Il m'écrivait : "C'est un problème énorme sur lequel de nombreux chrétiens n'ont pas encore réfléchi".

La grande question concerne la vie intelligente. Les astronomes nous disent qu'il y a des milliards de milliards d'étoiles dans l'univers connu, et on découvre en permanence que des planètes orbitent autour de certaines d'entre elles. Il est de plus en plus difficile de vouloir prétendre que seule la Terre serait capable d'héberger une forme de vie complexe et évoluée - celle dont les Chrétiens pensent qu'elle nécessite d'être sauvée. D'autres questions suivent inévitablement : la Chrétienté et les autres religions ont-elles les seules réponses au sujet de la vie sur Terre ? Et si elles ne peuvent se prétendre "universelles" au sens cosmique, auraient-elles moins de sens pour autant ?

Le Vatican s'était déjà lourdement trompé face à Copernic, Galilée, ainsi que d'autres chercheurs, et il ne souhaite pas commettre les mêmes erreurs.

Pour Pierre Lena, astrophysicien français et membre de l'Académie Pontificale : "L'astrobiologie est une science majeure, qui a des choses intéressantes à dire; elles pourraient transformer la vision que l'humanité a d'elle-même. L'église ne peut rester indifférente."

Prêtre et scientifique, le Révérend Funes est un peu désabusé. Il n'a pas semblé surpris des réactions mondiales après ses déclarations sur ses "frères extraterrestres" l'an dernier, et de l'attention portée sur la conférence des astrobiologistes.

Il ne retire rien de ses propos antérieurs, et ne regrette pas de s'être exprimé. Il m'a confié que les autorités du Vatican ne lui avaient fait aucun reproche.

Mais il a tenu à rappeller qu'il ne s'était pas exprimé au nom de l'Eglise, même si son interview avait fait la une de l'Osservatore Romano. Selon lui l'Eglise n'a pas de position officielle sur la vie extraterrestre ni sur les questions théologiques qui pourraient en découler. Si certains auteurs se consacrent à la science-fiction, Funes quant à lui est intéressé par la "fiction théologique" - et c'est ce qui lui semble important, sur le plan religieux, à supposer qu'on découvre un jour de la vie dans l'espace.

Jesus alien

José Funes a conclu d'un air malicieux : "Pour le moment, l'Eglise n'a pas à s'exprimer sur ce point. Mais ça pourrait certainement changer." - Source

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