Didier de Plaige

Roswell – Opération météorite

Anthony Bragalia est cet enquêteur très accrocheur qui s'efforce de retrouver de nouveaux témoins de l'affaire Roswell, et nous a précemment présenté son dossier sur l'Institut Battelle. Après la tentative de l'US Air Force de brouiller les pistes avec une histoire de ballon météo, puis son explication incohérente de larguage de mannequins, nous découvrons qu'une troisième opération avait été mise en place, destinée à divertir les medias, à propos d'une chute de météorite introuvable.

Cette fois il nous présente "La contribution d'un célèbre photographe de Life sur le crash de Roswell" :

"Allan Grant, célèbre photographe de Life magazine, pourrait bien nous avoir livré son meilleur "portrait" avec ce témoignage sur Roswell. Les éléments qu'il apporte sur le crash de 1947 montre l'importance que les militaires avaient accordé à cet évènement. Il a permis de confirmer que l'objet tombé du ciel était un corps totalement "étranger".

Allan Grant qui nous a quittés en 2008 est une légende dans le monde de la photographie de presse. Pendant des décennies, il a compté parmi les meilleurs photographes du prestigieux magazine Life. Il nous a laissé des documents inoubliables, comme la première photo de Marina Oswald (la femme de Lee Harvey, prise avant son arrestation), ou la dernière image de Marilyn Monroe.

Mais le plus grand cadeau que nous ait laissé Allan pour la postérité est le témoignage de son implication dans la saga de Roswell - et sa confirmation que le crash survenu au Nouveau-Mexique n'était pas celui d'un ballon ni d'un avion secret, mais bien d'un Ovni !

En 1997, Mr. Grant avait fait publier une lettre dans le Courrier des Lecteurs du Los Angeles Times. Allan était énervé d'apprendre par ce journal que l'USAF venait de publier un second rapport destiné à détourner l'attention sur l'affaire de Roswell.

Allan Grant
Marylin Monroe

Sa lettre n'était pas très explicite, mais il faisait comprendre que Roswell n'avait rien à voir avec une histoire de ballon météo, contrairement à ce que l'Air Force essayait de faire croire.

Il expliquait que son expérience personnelle à ce sujet, cinquante ans plus tôt, lui avait laissé un souvenir mémorable. Il n'avait aucun doute qu'il s'était alors passé quelque chose qui était "hautement chargé de sens".

Je n'ai eu connaissance de la Lettre de Grant adressée au Courrier des Lecteurs du L.A. Times que l'année dernière, en 2008. En espérant que Mr. Grant était toujours en vie, et en mesure de m'en dire davantage, j'ai remonté sa piste et lui ai adressé un email.

Malheureusement Mr. Grant était déjà très malade. En fait Allan n'avait plus que trois mois à vivre après que nous ayons commencé à correspondre, et il mourut à l'âge de 88 ans.

Son épouse Karin (qui avait été une employée du magazine pendant de nombreuses années), avait aidé à faciliter ces échanges, et elle m'apporta ses propres réflections sur l'incident de Roswell, parce qu'elle était déjà "Mme Grant" en 1947.

Au début du mois de Juillet 1947, Allan avait reçu un appel urgent de son rédacteur en chef, basé à New York : "Tu dois aller à Roswell, au Nouveau-Mexique, sans perdre une minute !"

A l'époque on avait seulement dit à Allan qu'une grosse "météorite" était apparemment tombée "aux alentours de Roswell" et que les militaires de l'Air Force s'efforçaient de la récupérer. Mr. Grant (et Mme Grant) m'ont fait savoir que les liens entre le magazine et l'armée "étaient à l'époque très forts et surement plus étroits qu'on ne pourrait jamais l'imaginer."

En fait, Allan Grant m'a expliqué que les militaires avaient prévenu son rédacteur en chef qu'un avion se tiendrait à disposition pour l'amener sur les lieux du crash de la météorite, et lui permettre de couvrir l'évènement

Parti de Los Angeles, Grant fut amené à Albuquerque, au Nouveau-Mexique. Il y fut accueilli par un officier pilote de l'USAF, le Major Charles Phillips. Grant raconte qu'ils étaient alors montés dans un "avion d'entrainement militaire" (un monomoteur). Ils avaient ensuite atterri sur une piste caillouteuse.

En sortant de l'avion, Grant s'était vu remettre un pistolet semi-automatique par le Major Phillips. Gêné, Allan avait demandé au Major : "A quoi celà pourrait bien me servir ?"

Allan Grant Roswell
Le photographe Allan Grant avec le
Major Phillips juste avant leur départ
pour Roswell (datée au dos).

Phillips répondit seulement qu'il avait ordre de s'assurer que Grant serait armé. Grant demanda alors à Phillips : "Contre quoi ?" Phillips avait souri, haussé les épaules, et répondu : "Nous n'en savons rien..."

Allan Grant Roswell

Grant avait trouvé cette situation très étrange. Ils étaient montés dans une jeep, et avaient commencé à rouler, comme on part à l'aventure. Mais ils avaient tourné sans jamais rien trouver ! Pas de météorite, absolument rien. Allan ne parvenait pas à comprendre pourquoi cette météorite demeurait introuvable, et le Major ne semblait bizarrement d'aucun secours pour l'aider à comprendre ce qu'ils faisaient là.

Karin Grant, la veuve d'Allan, m'a expliqué pourquoi ils avaient monté cet étrange scenario dans le désert. Des années plus tard, elle et son mari évoquaient encore ce curieux déplacement au Nouveau-Mexique.

Ils avaient envisagé plusieurs hypothèses : "Etions-nous arrivés trop tôt ou trop tard ?" ou bien : "Peut-être nous étions-nous posés au mauvais endroit..?"

Les Grants ont finalement conclu que la meilleure explication était la suivante : "le gouvernement savait depuis le début qu'il y avait bien autre chose qu'un crash de météorite - et n'avait rien trouvé de mieux que d'inviter le prestigieux magazine Life à envoyer quelqu'un."

La veuve de Grant a poursuivi : "On amène le photographe dans la région - mais pas à l'endroit précis de l'incident. On montre ainsi qu'il n'y a rien à voir - tout le monde est content et soulagé, et peut faire comme si rien ne s'était passé." Elle estime possible que "c'était un moyen d'éviter l'éventuelle curiosité des autres medias, en leur expliquant que Life a envoyé sur place l'un de ses meilleurs photographes, et il n'a absolument rien vu." Effectivement, aucun autre grand media n'avait rapporté l'évènement après la première dépêche de l'armée annonçant un crash d'Ovni.

"A défaut de météorite, j'avais pris une seule photo du paysage. Remarquez la taille de l'homme dans le cercle."

Peu avant sa mort, Allan dit à Karin qu'il avait toujours eu le sentiment d'avoir été "utilisé" par les militaires, comme une "couverture éventuelle" pour cacher quelque chose. Il avait déjà pensé à l'époque que ce "quelque chose" devait être très important, et pourrait avoir été un Ovni.

Allan voulait connaître la vérité sur cet incident et il ne pouvait admettre les rapports de l'Air Force diffusés dans les années 90 qui avaient écarté l'hypothèse du crash en parlant d'un ballon météo, puis de larguage de mannequins. C'est ce qui le motiva pour écrire au LA Times. La lecture des différents rapports de l'Air Force sur Roswell lui avaient clairement montré que les militaires mentaient.

Lincoln_LaPaz

C'est alors qu'il eut la certitude que les hypothèses sur Roswell étaient fondées. C'était bien un Ovni qui s'était crashé dans le désert quatre décennies plus tôt.

Anthony Bragalia a voulu vérifier s'il pouvait retrouver un certain "Major Charles Phillips", dont Grant lui avait parlé : "J'étais curieux de savoir ce que le Major avait bien pu faire pendant ses années de service dans l'Air Force. La réponse se trouvait dans les archives de l'organisation ufologique NICAP, aujourd'hui éteinte.

C'est à peine croyable, mais le Major Phillips - juste un mois après le crash de Roswell - était devenu l'un des premiers chercheurs officiels de l'US Air Force en matière d'Ovnis ! Phillips avait fait équipe avec le Dr. Lincoln LaPaz, le fameux astronome de l'Université du Nouveau-Mexique" [auquel l'armée avait fait appel en septembre 1947 pour déterminer la trajectoire de l'objet de Roswell avant le crash].

"Ensemble, ils avaient dirigé ce qu'ils avaient nommé des "unités de surveillance au sol" pour enquêter sur les observations des mystérieuses "Green Fireball" qui s'étaient multipliées au Nouveau-Mexique pendant les années suivantes et restent inexpliquées à ce jour !" - Source

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