Didier de Plaige

Perspectives économiques US

24 décembre 2007 - Chaque fin d’année, Linda Moulton Howe publie sous forme d’une interview de Gérald Celente, les perspectives économiques aux Etats-Unis pour l’année à venir. Gérald Celente est l’éditeur du Trends Journal, spécialisé dans l’analyse des tendances financières. C’est une composante intéressante pour apprécier la marge de manoeuvre des dirigeants américains dans le domaine qui nous concerne ici..

Gerald Celente - “Les Etats-Unis vont être frappés d’un 11 Septembre économique en 2008. La pyramide va s’effondrer en partant du sommet jusqu’à la base, tout comme les tours du World Trade Center. On parle en ce moment de la crise du marché des Subprimes. C’est effectivement un problème, mais ça ne représente rien comparé à ce qui va se passer quand des compagnies majeures vont commencer à vaciller, on va assister à la déroute des banques, et à une panique boursière. La bombe est en place, il ne reste qu’à allumer la mèche, et nous pensons que ça se produira avant Juin 2008. En 2007, nous avons constaté les premières lézardes dans l’édifice.

Il nous faut bien comprendre que les racines du mal sont très profondes. Les responsables de la Banque Fédérale n’ont cessé de soutenir l’économie en prêtant de l’argent à faible intérêt. C’était un moyen de nous sortir de la récession consécutive à l’explosion de la bulle internet en 2001. Les taux n’ont jamais été aussi bas depuis 46 ans. Ils ont inondé le marché boursier mondial avec des dollars faibles. Aujourd’hui, personne n’en veut plus, même pas les prêteurs dans les pays du Tiers-Monde. Alors, et c’est ce qui s’est produit en 2007, tout le monde a pu constater le problème. Wall Street est en crise.
Qu’est-ce qui pourrait empêcher le Navire de l’Etat de sombrer ? C’est notre métier d’analyser les tendances pour en dégager des prévisions. Nous avons un Président qui ne sait rien, et un Congrès qui ne fait rien; nous avons aussi des gens en place qui manquent de l’intelligence, de l’intégrité, de la compétence, et du courage nécessaires pour conduire habilement ce qu’un capitaine avisé devrait préconiser dans une telle situation de naufrage. C’est pourquoi nous disons que le bateau coule, et qu’il n’y a rien à faire pour l’éviter.”

LMH : “Qu’est-ce qui a amené autant d’institutions financières à s’engager aussi massivement sur le marché des Sub-primes au cours des deux dernières années ?”

Gerald Celente - “C’est l’appat du gain et la passion du jeu. Ca va bien au-delà du marché des Subprimes. Il y a une compagnie à New York, selon le The New York Times, qui contrôle environ 7 milliards de dollars de bien immobiliers. Le NYT explique comment ils ont réussi à manoeuvrer alors qu’ils ne disposaient que de 30 millions. C’est toujours comme ça que ça se passe. Ils font toutes ces opérations sans vraiment avoir l’argent nécessaire. C’est ainsi qu’on voit Carlisle Real Estate et Blackstone - des groupes dont on n’avait jamais entendu parler, à part les spécialistes - qui tout à coup se mettent à acheter des compagnies importantes qui valent des milliards de dollars. Ils font ça avec de l’argent artificiel. Ces gens formés à Princeton, Yale, Harvard et dans les écoles Ivy League, se sont associés pour monter des gros coups. Et que font-ils quand la machine s’enraye ? Ils pointent du doigt les catégories pauvres : ‘Oh, c’est de leur faute ! Ils avaient perdu la tête. Ils auraient du lire les clauses en petits caractères sur leurs contrats.’
L’affaire des Subprimes n’est que le signe avant-coureur de ce qui va se passer, parce que les vrais coups tordus sont en amont - avec les prises de contrôle inconsidéres : comme le rachat de Chrysler Corp. par Cerberus Corp. Qui avait entendu parler de Cerberus ? Qui retrouve-ton parmi les Directeurs : Jack Snow, l’ancien Ministre des Finances. Et Dan Quayle ? Ils l’ont recasé : il en fait partie également.

Voilà ce qui se passe, Linda. Ca va bien au-delà des spéculations habituelles et de l’arnaque des petits épargnants. Ils vont causer l’effondrement de tout le système, et plus personne n’a le contrôle. La Banque Suisse a annoncé qu’elle allait vendre 250 tonnes d’or d’ici Septembre 2009, afin de pouvoir acheter davantage d’argent pour maintenir les choses en l’état.”

LMH - “Ca nous amène à ce que vous appellez la panique de 2008 - que va-t-il se passer selon vos analyses ?”

Gerald Celente - “Nous avons connu la panique de l’après 11 Septembre, et cette fois c’est l’économie qui sera touchée. Personne ne va savoir comment réagir. Ils vont être paralysés. Voyez, chaque fin d’année le Dutchess Magazine avait pour habitude de reproduire les prévisions de notre Trends Journal. Ils ne le feront pas cette année, parce qu’ils m’ont dit que leurs lecteurs et leurs annonceurs ne pourraient les assimiler. Ils ne veulent pas entendre la vérité. La fragilité du dollar va devenir si évidente qu’il leur faudra ouvrir les yeux.”

LMH - “C’est pourquoi vous dites que l’Amérique court à la ruine et que le monde entier s’en est rendu compte ?”

Gerald Celente - “Tout le monde le constate, sauf les Américains eux-mêmes ! Le gouvernement nous dit :”C’est bon pour les affaires. Ca favorise nos exportations. Les bas-salaires doivent le comprendre… Notre monnaie est si faible que les autres pays peuvent acheter nos produits moins cher.” Le label ‘Made in America” n’est plus synonyme de hauté qualité. Ca signifie maintenant : ‘Produit pas cher’. Ce n’est pas comme ça qu’on renforce une économie.”
(…)
“Nous sommes déjà en récession ! Les gens s’en rendent compte. A chaque augmentation des prix du carburant, c’est l’affolement à la pompe au moment de faire le plein. Qui peut se permettre que ça continue ? Et ces clowns à la TV nous disent : ‘Oh, le consommateur est réticent.’ (rires) Nous devons les avertir que nous allons connaître des temps très difficiles, afin que les gens se préparent dès maintenant.”

LMH - “Comment peuvent-ils se préparer ?”

Gerald Celente - “Commencez par n’acheter que le nécessaire. Renoncez à cette idiotie au moment de Noël qui consiste à dépenser plus que vous ne possédez, pour offrir des cadeaux inutiles. Ce type de comportement est stupide.”
(…)
“La Banque Fédérale va tenter un retour à l’équilibre en dévaluant le dollar. Et l’impact de cette mesure sera considérable. Regardez ce qui s’est passé en Argentine et dans les autres pays qui ont dévalué. Il va se passer la même chose ici. Le chômage va s’amplifier. Dans les années qui viennent, les Etats-Unis vont se trouver dans les pires conditions économiques qu’on ait jamais connues.”

Gérald Celente est directeur du Trends Research Institute. Il avait prévu l’an dernier la crise financière des prêts hypothécaires des subprimes. On lui reconnaît la juste prédiction du krach boursier de 1987, la chute de l’Union Soviétique…

Dimanche 19 Octobre 2008

On se souvient de la pertinence des prévisions économiques pour les Etats-Unis en 2008 que Gerald Celente, éditeur de “The Trends Journal“, avait formulées autour de Noël 2007.

A nouveau interrogé par l’enquêtrice Linda Moulton Howe, l’analyste financier s’est montré extrêmement pessimiste sur les développements de la crise actuelle. Il avait estimé dès le 9 octobre que l’aide apportée aux banques par le Plan Paulson était une forme de racket qui ne résoudrait rien et ne saurait empêcher la dépression.
"Actuellement, un million d’Américains se retrouvent à la rue, et le gouvernement n’a rien mis en place pour leur venir en aide." Le 13 octobre, l’agence AP titrait : "L’économie s’effondre, les autorités craignent des réactions violentes."
Gerald Celente : "Les bureaucrates ont utilisé l’argent des contribuables pour renflouer les escrocs de Wall Street et se couvrir vis à vis des banques étrangères.

Gerald Celente

Les générations à venir sont endettées à cause de ces activités criminelles, mais rien ne pourra enrayer la dépression. Les banques centrales et la Fed maintiennent artificiellement le dollar pour éviter que la demande en or fasse imploser le système.

Les valeurs immobilières ont chuté, mais la population commence à s’apercevoir que rien n’a été fait pour diminuer les taxes foncières : je prévois que les gens vont commencer à se révolter, et ça se produira d’abord au niveau local."

Linda Moulton Howe lui demande d’anticiper l’année à venir. “Il y a des facteurs imprévisibles, d’ordre géopolitique, comme des tensions ou des guerres, qui nous empêchent d’être très précis. Mais sur le plan intérieur, il est certain que l’hiver sera rude. En février et mars, nous verrons véritablement les effets de la dépression. Le taux de chomage avait atteint 25% en 1929. Des quantités de travailleurs pauvres vont tenter de cumuler les emplois pour s’en sortir, et le nombre de chomeurs pourra s’établir autour de 15%.

Pour l’heure on ne parle que de crise financière, mais attendez de voir la faillite commerciale… les grands distributeurs vont disparaître les uns après les autres. L’Amérique va s’installer dans le provisoire, le nombre des SDF va se multiplier, et l’on verra partout se constituer des zones d’habitation précaire. Des gens vont commencer à occuper les pavillons désertés. La criminalité sera en augmentation exponentielle…

Ce pays va connaître une révolution. Ca ne sera pas pour tout de suite, mais ça commencera par des mouvements de révolte contre l’impôt. Nous pouvons le prévoir, parce que l’analyse des tendances suppose que nous ayons une bonne connaissance de l’histoire. Au cours du 19ème siècle, et au début du 20ème, nous avons vu comment les banques ont mis la main sur ce pays. (…) La révolte n’aura rien d’idéologique, elle concernera tout le monde, parce que les gens ne pourront plus s’en sortir.

Cependant tout n’est pas noir : “Nous allons assister à de profonds changements qui bénéficieront aux milieux populaires. Le système actuel est conçu sur des structures dont on disait qu’elles étaient trop importantes pour faillir. Mais il n’y a pas assez d’argent dans le monde pour les sauver du désastre. Nous allons connaître une période d’hyper-inflation telle que nous n’aurions pu l’imaginer, comme celle qu’ont connu l’Argentine ou le Brésil. La chute des prix sera spectaculaire, mais relativement au dollar, tout restera très cher. Nous parviendrons alors à la remise en cause du système de consommation. Ce qui pourra permettre une Renaissance, avec l’émergence d’un esprit communautaire.

L’affaire des subprimes ne représente qu’environ 2 milliards de dollars, mais ça a permis aux bureaucrates de désigner une cible facile, en qualifiant d’irresponsables tous ceux qui avaient emprunté au-dessus de leurs moyens. Il va falloir maintenant s’intéresser à des acrobates financiers tels que le Groupe Carlisle, Blackstone, ou Cerberus - qui ont acheté Chrysler ou la chaine Hilton sans mettre l’argent sur la table ! Ce sera la prochaine pelote à dévider..

Cette situation est-elle plutôt favorable à la Divulgation, dans une sorte de fuite en avant ? Ou devra-t-elle conduire à différer le processus ? Source - Compléments & Commentaires

Vendredi 21 Novembre

La crise financière mondiale occupe maintenant une large place sur les forums ufologiques américains : les risques de déstabilisation sociale, et les incertitudes en période de transition présidentielle peuvent influer sur un éventuel processus de Divulgation.

Le 12 novembre, lors d’un sommet organisé par Reuters sur la Finance mondiale, les propos de l’ancien président de la banque d’investissements Goldman Sachs, John Whitehead, ont été particulièrement remarqués. Agé de 86 ans, il fut également Sous-Secrétaire d’Etat de Ronald Reagan, et a présidé la branche new-yorkaise de la Réserve fédérale. Il a longtemps été associé aux affaires de la famille Rockefeller.

Il estime que les problèmes auxquels doit faire face l’Amérique s’étendront sur des années et feront s’envoler des milliards de dollars. “L’économie américaine est confrontée à une crise économique bien plus profonde qu’à l’époque de la Grande Dépression, et l’aggravation du déficit menace même de ruiner la confiance en ce pays.

John Whitehead est essentiellement préoccupé de voir le déficit se creuser… “Je pense que ce sera pire qu’une dépression. Chaque soir avant de m’endormir, je me demande si c’est demain que les analystes de Moody’s et l’indice S&P vont annoncer la dépréciation des bonds du Trésor américain.

La situation ne pourra qu’empirer parce que “le public n’est pas préparé à une hausse des impôts. Les deux camps qui se sont affrontés lors des élections avaient promis des réductions d’impôts, c’est-à-dire moins de ressources pour le gouvernement, et chacun des candidats s’était engagé à réaliser des programmes très coûteux, à la charge du gouvernement.

Le rédacteur de Reuters conclue : “Whitehead s’exprime sur ce sujet parce qu’il est préoccupé de voir qu’aucun des représentants élus ne s’oppose à ces nouveaux programmes dépensiers, et que personne n’est disposé à parler d’augmenter les impôts.

Il résume ainsi ses intentions : ‘Je souhaite seulement que les gens réfléchissent à ce qui se passe, et leur faire réaliser que cette voie mène au désastre. J’ai toujours été de nature optimiste, mais je ne vois aucune porte de sortie dans cette situation.’

C’est le scénario de la Grande Dépression 2. Pourquoi ? A cause de l’avidité des hommes d’affaires de Wall Street, uniquement préoccupés de leur santé financière. Ils sont la cause de leurs propres malheurs… et de ceux du pays tout entier.Source

De son côté, l’animateur et réalisateur Alex Jones, basé à Austin, Texas, recevait en direct l’expert financier et correspondant de la BBC, Max Keiser, le 17 novembre sur Prison Planet.TV. Il commence par dénoncer le principe des ventes à découvert à la bourse (opération par laquelle on vend un titre que l’on ne possède pas en espérant le racheter à un cours moins élevé).

Mais pour lui c’est principalement Goldman Sachs qui est à l’origine de l’opération à laquelle nous sommes en train d’assister, qui serait donc entièrement concertée.

Son pronostic est très sombre pour le début de l’année 2009 : le chômage aux Etats-Unis grimpera à 11-12%, et les bourses continueront de descendre. D’autres systèmes économiques seront anéantis, comme en Islande, et la situation entrainera des émeutes urbaines.

Les deux présentateurs s’accordent pour estimer que la marge de manoeuvre du nouveau Président Obama sera très limitée : “Il aura de toutes façons les mains liées par les pouvoirs en place.” L’interview compte cinq modules de 10 minutes.

Max Keiser prépare un show économique et prédictif, “The Oracle”, avec Alec Baldwin, pour BBC World : “Nous dénoncerons chaque semaine les conspirations des banquiers internationaux.” La première de ce magazine hebdomadaire a été avancée au vendredi 28 novembre.

Le futur vice-président Joe Biden, de même que Colin Powell, ont récemment laissé entendre qu’ils prévoyaient une crise autour du 20-21 janvier (la transition présidentielle). A présent la rumeur circule d’une dévaluation de 50% de la valeur du dollar à cette date. - Source

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Alec Baldwin