Didier de Plaige

Perspectives économiques US

Le premier article, du 24 décembre 2007, est en bas de page. La chronologie est de bas en haut.

Vendredi 27 Mars 2009

Le prévisionniste Gerald Celente est de plus en plus souvent sollicité par les medias américains. Ses "perspectives sur l'économie américaine" sont affichées ici depuis le 24 décembre 2007.

Il intervient sur ABC News : "Notre Institut examine les situations économiques depuis près de trente ans. Je suis absolument certain que nous allons vivre la fin de l'Empire américain d'ici 2012... Nous allons vers un Armageddon financier.

Aucune des solutions envisagées ne pourra nous sortir de cette situation, parce qu'on ne peut pas faire fonctionner la planche à billets sans contrepartie.

Nous allons assister à un effondrement économique sans précédent dans l'histoire, nous verrons les surfaces marchandes désertées, des mouvements de révolte se multiplier, et la criminalité exploser.

L'Amérique ne produit plus de biens manufacturés... Auparavant nous n'avions pas ce système de cartes de crédit; il a causé un état d'endettement qu'il est impossible de résorber.

Il n'y aurait qu'un seul moyen de sortir de cette impasse : découvrir très rapidement une nouvelle source d'énergie, quelque chose qui soit au niveau de l'invention de la roue, ou la maîtrise du feu."

A sa manière, sans jamais évoquer la Divulgation, les multiples alertes lancées par l'expert contribuent à presser les politiques de procéder à une transformation radicale de la société.

Dimanche 1er Février 2009

Chaque année depuis dix ans à la même époque, la journaliste Linda Moulton Howe présente une interview de Gerald Celente, directeur du Trend's Institute. Le 24 décembre 2007, il avait déjà été en mesure d'annoncer la chute de Wall Street, qui s'est produite neuf mois plus tard : "Les Etats-Unis vont être frappés d’un 11 Septembre économique en 2008."

Interrogé à nouveau le 19 octobre 2008, il pressentait la fermeture de nombreuses chaînes de magasins, et les premiers signes d'une révolte des populations :

"En février et mars 2009, nous verrons véritablement les effets de la dépression."

Gerald Celente - "En 2007, nous avions prédit la Panique de 2008, et ça concernait surtout la sphère financière. A présent, l'effondrement de 2009 va se répandre au plan social. Ce mouvement est en marche. Ca se déroule sous nos yeux. La crise atteint des proportions gigantesques.

Chaque jour la presse nous rapporte de nouveaux désastres. Il n'y a absolument rien qu'on puisse faire pour l'arrêter - si ce n'est trouver de nouvelles ressources, une sorte d'énergie alternative, comme la découverte du feu ou l'invention de la roue !

Mais ça doit être à l'échelle de ce que nous allons traverser. On ne peut s'en sortir en faisant fonctionner la planche à billets."

LMH - "Les statistiques du chômage en décembre 2008 montrent qu'il a touché 632.000 personnes supplémentaires, et nous en sommes à un taux de 7,2%, soit 11,1 millions d'individus privés d'emploi. Que nous réserve 2009 ?"

Gerald Celente - "Ce chiffre indique le nombre de ceux qui n'ont absolument aucun emploi. Il ne prend pas en compte les personnes qui ont été écartées de la recherche d'emploi. Ceux-là ont renoncé. On ne prend pas non plus en compte les gens qui travaillent à temps partiel et recherchent un emploi à temps plein. Quand on les intègre au calcul, on arrive à 13.7%. Personne ne peut dire quand ce se sera terminé, mais nous verrons finalement le chiffre total des sans-emplois atteindre celui de la Grande Dépression, probablement entre 22% et 27%. Nous parlons d'un véritable effondrement, parce que d'autres facteurs vont intervenir très rapidement.

Le plus préoccupant concerne le secteur de la vente au détail. On sait déjà que 150.000 magasins et boutiques vont devoir fermer. Ca viendra naturellement gonfler les chiffres du chômage, mais ces faillites vont aussi amplifier la chute des valeurs de l'immobilier. On pensait déjà avoir touché le fond avec la crise des subprimes... Ce n'était encore rien comparé à ce qui nous attend avec la tempête sur les biens commerciaux, qui sont autrement plus surévalués que l'immobilier privé.

Nous savons où en est le secteur financier. Nous avons vu ce qui s'est produit pour Wachovia, IndyMac et le Washington Mutual, la Bear Stearns, Merill Lynch, Lehman Brothers - qui se font racheter ou disparaissent. Il y a aussi d'autres compagnies de courtage, dont les noms sont moins connus. La question qu'on doit se poser : qui pourra reprendre tous ces espaces commerciaux et autres grandes surfaces qui sont maintenant désertés ?

La réponse, tant pour les espaces commerciaux que les locaux de bureaux, c'est qu'il n'y a aucun candidat à la reprise ! La déroute immobilière sera sans précédent. Nous verrons dans tous le pays des grandes surfaces fantômes.

C'est vraiment à ce niveau que l'effondrement va se produire, parce que les investisseurs de ces biens immobiliers ne trouveront aucun repreneur. C'est alors que nous entrerons dans la Grande Dépression. Nous devons annoncer ce qui est en train de se produire, sans en rajouter. Nous ne nous intéressons qu'aux faits.

Les gens ne se maintiennent à flot que s'ils ont un travail. Toute la responsabilité de cette crise n'incombe pas qu'à la cupidité des grandes compagnies. Les individus eux-mêmes se sont endettés bien au-delà de leurs capacités de remboursement, grâce au système des garanties hypothécaires. Tout s'est construit là-dessus. Partir en vacances ! S'acheter une voiture de sport ! Emprunter à tout va ! Ils ont vécu au-dessus de leurs moyens. En réalité, ils peuvent tout perdre dès qu'il manque un salaire en fin de mois.

Nous allons assister à des faillites colossales. Ce qui s'est passé est déjà sans précédent. Et ça va continuer. Le gouvernement ne dispose que de ces deux outils totalement inefficaces :

- Jouer sur les taux d'intérêt, qui sont déjà proches de zéro,
- ou imprimer des billets. Mais ce n'est pas en créant de l'argent qu'on retrouve la prospérité !

Dans les années 30, personne ne s'endettait sur des hypothèques multiples. Celui qui gageait deux fois ses biens était considéré comme un perdant. Il y avait peu de propriétaires, les cartes de crédit n'existaient pas. Nous n'étions pas accablés d'une dette publique de 14 milliards de dollars ! On ne consommait que selon ses moyens.

Mais aussi, et c'est très important à souligner, nous n'avions pas à mener deux guerres bancales et entretenir un complexe militaro-industriel qui a déjà englouti 2 milliards et continue de creuser le déficit, en prévoyant de se renforcer en Afghanistan.

Je reviens sur ce point essentiel de la capacité de production : dans les années 30, nous étions sortis de la Grande Dépression en activant la machine industrielle pour préparer notre entrée dans la Seconde Guerre Mondiale. Nous n'avons plus cette capacité productive aujourd'hui.

Nous avons développé le secteur des services. Regardez ces offres d'emploi. A la station d'essence, ils affichent : "Faites carrière chez nous !" Mais quelle carrière ?! Que deviennent ces jeunes qui sortent de l'université avec leurs diplômes ?

Alors, nous aurons un chômage record. Nous allons assister à la montée de la criminalité, la multiplication des petits délits mais aussi des agressions violentes. Ca fait partie des situations de crise, et personne ne s'en étonnera. Les gouvernements fédéraux et l'Administration centrale ne résoudront rien en multipliant les forces de police dans les rues, à moins de transformer ce pays en un état fasciste.

Mais nous allons surtout assister à des révolutions. Les gens ne supportent plus de constater les dépenses somptuaires, les avantages, les avions privés et les bonus des banquiers, des courtiers, et des banksters qui dilapident et se partagent les millions de dollars de l'argent public qui leur est versé. Tandis que gouvernement renfloue les Têtes Pensantes - la mafia de Wall Street - ceux qui sont 'trop faibles pour être sauvés' sont en train d'être asphyxiés par la multiplication des impôts."
(...)
"Chacun doit prendre cette situation très au sérieux. Le bateau coule. Cessez de dépenser l'argent que vous n'avez pas. Si votre fils ou fille doit sortir de l'université avec un diplôme qui ne lui permettra pas d'accéder à un poste correspondant, n'allez pas vous endetter davantage pour leur faire poursuivre un enseignement supérieur. Coupez court à la dépense dès maintenant. N'achetez rien qui soit au-dessus de vos moyens. Dans la mesure du possible, soutenez le commerce local.

Mais aussi, je vous conseille de prendre du bon temps. Nous ne préconisons pas de s'enfermer dans un cocon. Sortez et faites-vous plaisir. Nous n'avons qu'une vie, aussi nous devons faire en sorte de l'agrémenter dans la mesure de nos moyens." - Source

Compléments & Commentaires

Vendredi 21 Novembre 2008

La crise financière mondiale occupe maintenant une large place sur les forums ufologiques américains : les risques de déstabilisation sociale, et les incertitudes en période de transition présidentielle peuvent influer sur un éventuel processus de Divulgation.

Le 12 novembre, lors d'un sommet organisé par Reuters sur la Finance mondiale, les propos de l'ancien président de la banque d'investissements Goldman Sachs, John Whitehead, ont été particulièrement remarqués. Agé de 86 ans, il fut également Sous-Secrétaire d'Etat de Ronald Reagan, et a présidé la branche new-yorkaise de la Réserve fédérale. Il a longtemps été associé aux affaires de la famille Rockefeller.

Il estime que les problèmes auxquels doit faire face l'Amérique s'étendront sur des années et feront s'envoler des milliards de dollars. "L'économie américaine est confrontée à une crise économique bien plus profonde qu'à l'époque de la Grande Dépression, et l'aggravation du déficit menace même de ruiner la confiance en ce pays."

John Whitehead est essentiellement préoccupé de voir le déficit se creuser... "Je pense que ce sera pire qu'une dépression. Chaque soir avant de m'endormir, je me demande si c'est demain que les analystes de Moody's et l'indice S&P vont annoncer la dépréciation des bonds du Trésor américain."

La situation ne pourra qu'empirer parce que "le public n'est pas préparé à une hausse des impôts. Les deux camps qui se sont affrontés lors des élections avaient promis des réductions d'impôts, c'est-à-dire moins de ressources pour le gouvernement, et chacun des candidats s'était engagé à réaliser des programmes très coûteux, à la charge du gouvernement."

Le rédacteur de Reuters conclue : "Whitehead s'exprime sur ce sujet parce qu'il est préoccupé de voir qu'aucun des représentants élus ne s'oppose à ces nouveaux programmes dépensiers, et que personne n'est disposé à parler d'augmenter les impôts.

Il résume ainsi ses intentions : 'Je souhaite seulement que les gens réfléchissent à ce qui se passe, et leur faire réaliser que cette voie mène au désastre. J'ai toujours été de nature optimiste, mais je ne vois aucune porte de sortie dans cette situation.'"

"C'est le scénario de la Grande Dépression 2. Pourquoi ? A cause de l'avidité des hommes d'affaires de Wall Street, uniquement préoccupés de leur santé financière. Ils sont la cause de leurs propres malheurs... et de ceux du pays tout entier." Source

De son côté, l'animateur et réalisateur Alex Jones, basé à Austin, Texas, recevait en direct l'expert financier et correspondant de la BBC, Max Keiser, le 17 novembre sur Prison Planet.TV.

Il commence par dénoncer le principe des ventes à découvert à la bourse (opération par laquelle on vend un titre que l'on ne possède pas en espérant le racheter à un cours moins élevé).

Mais pour lui c'est principalement Goldman Sachs qui est à l'origine de l'opération à laquelle nous sommes en train d'assister, qui serait donc entièrement concertée.

Son pronostic est très sombre pour le début de l'année 2009 : le chômage aux Etats-Unis grimpera à 11-12%, et les bourses continueront de descendre.

D'autres systèmes économiques seront anéantis, comme en Islande, et la situation entrainera des émeutes urbaines.

Les deux présentateurs s'accordent pour estimer que la marge de manoeuvre du nouveau Président Obama sera très limitée : "Il aura de toutes façons les mains liées par les pouvoirs en place." L'interview compte cinq modules de 10 minutes.

Max Keiser prépare un show économique et prédictif, "The Oracle", avec Alec Baldwin, pour BBC World : "Nous dénoncerons chaque semaine les conspirations des banquiers internationaux." La première de ce magazine hebdomadaire a été avancée au vendredi 28 novembre.

Le futur vice-président Joe Biden, de même que Colin Powell, ont récemment laissé entendre qu'ils prévoyaient une crise autour du 20-21 janvier (la transition présidentielle). A présent la rumeur circule d'une dévaluation de 50% de la valeur du dollar à cette date. - Source

Compléments & Commentaires

Alec Baldwin

Dimanche 19 Octobre 2008

On se souvient de la pertinence des prévisions économiques pour les Etats-Unis en 2008 que Gerald Celente, éditeur de "The Trends Journal", avait formulées ci-dessous, autour de Noël 2007.

A nouveau interrogé par l'enquêtrice Linda Moulton Howe, l'analyste financier s'est montré extrêmement pessimiste sur les développements de la crise actuelle. Il avait estimé dès le 9 octobre que l'aide apportée aux banques par le Plan Paulson était une forme de racket qui ne résoudrait rien et ne saurait empêcher la dépression.
"Actuellement, un million d'Américains se retrouvent à la rue, et le gouvernement n'a rien mis en place pour leur venir en aide." Le 13 octobre, l'agence AP titrait : "L'économie s'effondre, les autorités craignent des réactions violentes."
Gerald Celente : "Les bureaucrates ont utilisé l'argent des contribuables pour renflouer les escrocs de Wall Street et se couvrir vis à vis des banques étrangères.

Gerald Celente

Les générations à venir sont endettées à cause de ces activités criminelles, mais rien ne pourra enrayer la dépression. Les banques centrales et la Fed maintiennent artificiellement le dollar pour éviter que la demande en or fasse imploser le système.

Les valeurs immobilières ont chuté, mais la population commence à s'apercevoir que rien n'a été fait pour diminuer les taxes foncières : je prévois que les gens vont commencer à se révolter, et ça se produira d'abord au niveau local."

Linda Moulton Howe lui demande d'anticiper l'année à venir. "Il y a des facteurs imprévisibles, d'ordre géopolitique, comme des tensions ou des guerres, qui nous empêchent d'être très précis. Mais sur le plan intérieur, il est certain que l'hiver sera rude. En février et mars, nous verrons véritablement les effets de la dépression. Le taux de chomage avait atteint 25% en 1929. Des quantités de travailleurs pauvres vont tenter de cumuler les emplois pour s'en sortir, et le nombre de chomeurs pourra s'établir autour de 15%.

Pour l'heure on ne parle que de crise financière, mais attendez de voir la faillite commerciale... les grands distributeurs vont disparaître les uns après les autres. L'Amérique va s'installer dans le provisoire, le nombre des SDF va se multiplier, et l'on verra partout se constituer des zones d'habitation précaire.&nbsp ;D es gens vont commencer à occuper les pavillons désertés. La criminalité sera en augmentation exponentielle...

Ce pays va connaître une révolution. Ca ne sera pas pour tout de suite, mais ça commencera par des mouvements de révolte contre l'impôt. Nous pouvons le prévoir, parce que l'analyse des tendances suppose que nous ayons une bonne connaissance de l'histoire. Au cours du 19ème siècle, et au début du 20ème, nous avons vu comment les banques ont mis la main sur ce pays. (...) La révolte n'aura rien d'idéologique, elle concernera tout le monde, parce que les gens ne pourront plus s'en sortir."

Cependant tout n'est pas noir : "Nous allons assister à de profonds changements qui bénéficieront aux milieux populaires. Le système actuel est conçu sur des structures dont on disait qu'elles étaient trop importantes pour faillir. Mais il n'y a pas assez d'argent dans le monde pour les sauver du désastre. Nous allons connaître une période d'hyper-inflation telle que nous n'aurions pu l'imaginer, comme celle qu'ont connu l'Argentine ou le Brésil. La chute des prix sera spectaculaire, mais relativement au dollar, tout restera très cher. Nous parviendrons alors à la remise en cause du système de consommation. Ce qui pourra permettre une Renaissance, avec l'émergence d'un esprit communautaire.

L'affaire des subprimes ne représente qu'environ 2 milliards de dollars, mais ça a permis aux bureaucrates de désigner une cible facile, en qualifiant d'irresponsables tous ceux qui avaient emprunté au-dessus de leurs moyens. Il va falloir maintenant s'intéresser à des acrobates financiers tels que le Groupe Carlisle, Blackstone, ou Cerberus - qui ont acheté Chrysler ou la chaine Hilton sans mettre l'argent sur la table ! Ce sera la prochaine pelote à dévider.."

Cette situation est-elle plutôt favorable à la Divulgation, dans une sorte de fuite en avant ? Ou devra-t-elle conduire à différer le processus ? Source - Compléments & Commentaires

24 décembre 2007 - Chaque fin d'année, Linda Moulton Howe publie sous forme d'une interview de Gérald Celente, les perspectives économiques aux Etats-Unis pour l'année à venir. Gérald Celente est l'éditeur du Trends Journal, spécialisé dans l'analyse des tendances financières. C'est une composante intéressante pour apprécier la marge de manoeuvre des dirigeants américains dans le domaine qui nous concerne ici..

Gerald Celente - "Les Etats-Unis vont être frappés d'un 11 Septembre économique en 2008. La pyramide va s'effondrer en partant du sommet jusqu'à la base, tout comme les tours du World Trade Center. On parle en ce moment de la crise du marché des Subprimes. C'est effectivement un problème, mais ça ne représente rien comparé à ce qui va se passer quand des compagnies majeures vont commencer à vaciller, on va assister à la déroute des banques, et à une panique boursière. La bombe est en place, il ne reste qu'à allumer la mèche, et nous pensons que ça se produira avant Juin 2008. En 2007, nous avons constaté les premières lézardes dans l'édifice.

Il nous faut bien comprendre que les racines du mal sont très profondes. Les responsables de la Banque Fédérale n'ont cessé de soutenir l'économie en prêtant de l'argent à faible intérêt. C'était un moyen de nous sortir de la récession consécutive à l'explosion de la bulle internet en 2001. Les taux n'ont jamais été aussi bas depuis 46 ans. Ils ont inondé le marché boursier mondial avec des dollars faibles. Aujourd'hui, personne n'en veut plus, même pas les prêteurs dans les pays du Tiers-Monde. Alors, et c'est ce qui s'est produit en 2007, tout le monde a pu constater le problème. Wall Street est en crise.
Qu'est-ce qui pourrait empêcher le Navire de l'Etat de sombrer ? C'est notre métier d'analyser les tendances pour en dégager des prévisions. Nous avons un Président qui ne sait rien, et un Congrès qui ne fait rien; nous avons aussi des gens en place qui manquent de l'intelligence, de l'intégrité, de la compétence, et du courage nécessaires pour conduire habilement ce qu'un capitaine avisé devrait préconiser dans une telle situation de naufrage. C'est pourquoi nous disons que le bateau coule, et qu'il n'y a rien à faire pour l'éviter."

LMH : "Qu'est-ce qui a amené autant d'institutions financières à s'engager aussi massivement sur le marché des Sub-primes au cours des deux dernières années ?"

Gerald Celente - "C'est l'appat du gain et la passion du jeu. Ca va bien au-delà du marché des Subprimes. Il y a une compagnie à New York, selon le The New York Times, qui contrôle environ 7 milliards de dollars de bien immobiliers. Le NYT explique comment ils ont réussi à manoeuvrer alors qu'ils ne disposaient que de 30 millions. C'est toujours comme ça que ça se passe. Ils font toutes ces opérations sans vraiment avoir l'argent nécessaire. C'est ainsi qu'on voit Carlyle Real Estate et Blackstone - des groupes dont on n'avait jamais entendu parler, à part les spécialistes - qui tout à coup se mettent à acheter des compagnies importantes qui valent des milliards de dollars. Ils font ça avec de l'argent artificiel. Ces gens formés à Princeton, Yale, Harvard et dans les écoles Ivy League, se sont associés pour monter des gros coups. Et que font-ils quand la machine s'enraye ? Ils pointent du doigt les catégories pauvres : 'Oh, c'est de leur faute ! Ils avaient perdu la tête. Ils auraient du lire les clauses en petits caractères sur leurs contrats.'
L'affaire des Subprimes n'est que le signe avant-coureur de ce qui va se passer, parce que les vrais coups tordus sont en amont - avec les prises de contrôle inconsidéres : comme le rachat de Chrysler Corp. par Cerberus Corp. Qui avait entendu parler de Cerberus ? Qui retrouve-ton parmi les Directeurs : Jack Snow, l'ancien Ministre des Finances. Et Dan Quayle ? Ils l'ont recasé : il en fait partie également.

Voilà ce qui se passe, Linda. Ca va bien au-delà des spéculations habituelles et de l'arnaque des petits épargnants. Ils vont causer l'effondrement de tout le système, et plus personne n'a le contrôle. La Banque Suisse a annoncé qu'elle allait vendre 250 tonnes d'or d'ici Septembre 2009, afin de pouvoir acheter davantage d'argent pour maintenir les choses en l'état."

LMH - "Ca nous amène à ce que vous appellez la panique de 2008 - que va-t-il se passer selon vos analyses ?"

Gerald Celente - "Nous avons connu la panique de l'après 11 Septembre, et cette fois c'est l'économie qui sera touchée. Personne ne va savoir comment réagir. Ils vont être paralysés. Voyez, chaque fin d'année le Dutchess Magazine avait pour habitude de reproduire les prévisions de notre Trends Journal. Ils ne le feront pas cette année, parce qu'ils m'ont dit que leurs lecteurs et leurs annonceurs ne pourraient les assimiler. Ils ne veulent pas entendre la vérité. La fragilité du dollar va devenir si évidente qu'il leur faudra ouvrir les yeux."

LMH - "C'est pourquoi vous dites que l'Amérique court à la ruine et que le monde entier s'en est rendu compte ?"

Gerald Celente - "Tout le monde le constate, sauf les Américains eux-mêmes ! Le gouvernement nous dit :"C'est bon pour les affaires. Ca favorise nos exportations. Les bas-salaires doivent le comprendre... Notre monnaie est si faible que les autres pays peuvent acheter nos produits moins cher." Le label 'Made in America" n'est plus synonyme de hauté qualité. Ca signifie maintenant : 'Produit pas cher'. Ce n'est pas comme ça qu'on renforce une économie."
(...)
"Nous sommes déjà en récession ! Les gens s'en rendent compte. A chaque augmentation des prix du carburant, c'est l'affolement à la pompe au moment de faire le plein. Qui peut se permettre que ça continue ? Et ces clowns à la TV nous disent : 'Oh, le consommateur est réticent.' (rires) Nous devons les avertir que nous allons connaître des temps très difficiles, afin que les gens se préparent dès maintenant."

LMH - "Comment peuvent-ils se préparer ?"

Gerald Celente - "Commencez par n'acheter que le nécessaire. Renoncez à cette idiotie au moment de Noël qui consiste à dépenser plus que vous ne possédez, pour offrir des cadeaux inutiles. Ce type de comportement est stupide."
(...)
"La Banque Fédérale va tenter un retour à l'équilibre en dévaluant le dollar. Et l'impact de cette mesure sera considérable. Regardez ce qui s'est passé en Argentine et dans les autres pays qui ont dévalué. Il va se passer la même chose ici. Le chômage va s'amplifier. Dans les années qui viennent, les Etats-Unis vont se trouver dans les pires conditions économiques qu'on ait jamais connues."

Gérald Celente est directeur du Trends Research Institute. Il avait prévu l'an dernier la crise financière des prêts hypothécaires des subprimes. On lui reconnaît la juste prédiction du krach boursier de 1987, la chute de l'Union Soviétique...