Didier de Plaige

Larry King – Docs MoD-15/05/08

Transcription en français du Larry King Live du 15 mai sur CNN, consacré au phénomène Ovni : "Le Ministère de la Défense britannique vient de déclassifier des documents couvrant la période 1978-1987. D’autres dossiers seront divulgués au cours des quatre années suivantes."
Avec Nick Pope, qui a été responsable des affaires Ovnis au Ministère de la Défense de 1985 à 2006,
Bob Rosamond, président du
BUFORA anglais,
Peter Davenport, Directeur du
NUFORC,
Le Lieutenant-Colonel Chuck Halt, retraité de l’Air Force.
Larry KING : Nick, ces dossiers, qu'est-ce qu'ils renferment exactement?

NICK POPE, ancien fonctionnaire au ministère britannique de la Défense : Eh bien, je dois dire que ces nouvelles sont très excitantes pour nous ici, en Grande-Bretagne. C’est énorme cette histoire. Et encore, ceci n’est que la première étape d’un programme qui va étaler sur 4 ans la publication de la totalité des archives sur les dossiers Ovnis. Ce que nous avons pu voir du matériel qui vient d’être publié, ce sont environ 200 pages de documentation - dont une partie n’a rien de bien surprenant.

Mais parmi ces rapports, figurent des cas absolument fascinants. Beaucoup d'officiers de police ont vu des Ovnis. Nous avons également des témoignages de pilotes. Et on a un cas, très étonnant celui-là, d’un Ovni pisté par un radar militaire, qui a parcouru 18 kms en 12 secondes, soit une vitesse de 5.600 kms à l’heure.

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La video démarre environ 2 minutes après le début.

KING : Bob, Pourquoi le gouvernement a-t-il décidé d’autoriser la publication de ces dossiers ? Je sais que le gouvernement français l’a fait l’année dernière. Pourtant, jusqu’ici, les gouvernements ont toujours veillé à garder ces dossiers secrets, y compris les Etats-Unis. Alors pourquoi les choses changent-elles maintenant, Bob, votre avis?
BOB ROSAMOND, président du BUFORA : Je ne sais vraiment pas. Si on veut considérer la chose avec cynisme, disons que c’est un bon coup de Relations Publiques pour prouver au monde entier un truc du style "Hé, vous voyez bien, on n’a rien à cacher : Tenez, voilà tous nos dossiers sur les Ovnis!". J'ignore la motivation de cette décision. Pourquoi maintenant? Je n’en sais rien.
KING : Peter Davenport, est-ce que cela va commencer à faire taire les éternels réfractaires?
PETER DAVENPORT : Cela reste un sujet taxé d’hérésie. Je trouve d’ailleurs intéressant que cette autorisation de publier suive, à un jour près, ce qu’a déclaré hier le Vatican à ce sujet. Ils ont dit que, désormais, ils acceptaient qu’on puisse croire aux Ovnis et aux E.T. et que la vie existait ailleurs dans notre galaxie. Je trouve que cette coïncidence est une bonne combinaison gauche-droite, comme dans un match de boxe.
KING : Lieutenant Chuck Halt, parmi les intervenants de ce soir, vous êtes le seul à avoir vu un Ovni. Que pensez-vous de cette publication des dossiers?
CHUCK HALT, retraité de l’US Air Force : Eh bien, tout cela me laisse perplexe. Pourquoi étaler sur 4 ans la publication de ces dossiers ? Pour moi, cela n’a aucun sens à moins que le volume de ces documents soit si important qu'il justifie un délai.
KING : Et vous, Nick ? Vous avez une idée?
POPE : Eh bien, c’est en vertu de la Loi sur l’accès à l’information (Freedom of Information Act) - et c’est l’une des raisons pour lesquelles le Ministère de la Défense a pris la décision de publier. De plus en plus de requêtes FOIA au sujet des Ovnis sont adressées au Ministère de la Défense, sur ce sujet-là plus que tout autre. La charge administrative que représentent ces requêtes, auxquelles il faut donner suite, est devenue si lourde que le gouvernement s’est dit qu’il valait mieux déposer tous ces dossiers aux Archives nationales, de façon à ce que les gens puissent être dirigés vers celles-ci.
Mais, bien évidemment, en vertu de cette même Loi, il y a toutes sortes de dérogations et c’est bien ça, le problème : les informations personnelles sur les témoins, des informations classées secret défense telles que, par exemple, les capacités des systèmes des radars militaires. Et un pauvre officier se trouve chargé de plonger dans toute cette documentation - et il a des dizaines de milliers de pages. C’est un boulot vraiment écrasant. Alors, on a décidé de procéder par tranches, d’une demie-douzaine de dossiers par mois, et ce sur trois ou quatre ans. Je me rends bien compte que c’est long. Mais vous devez quand même bien vous douter que le Ministère de la Défense a de nombreuses priorités, tout aussi importantes.
KING : Bob Rosamond, est-ce que le BUFORA a collecté de nombreux rapports de manifestations Ovnis depuis toutes ces années ?
ROSAMOND : Nous avons des archives très conséquentes. Il y a de 12.000 à 15.000 cas enregistrés dont certains remontent à 1925. Ca représente une documentation très abondante, probablement plus fournie que celle du Ministère.
KING : Peter, pourquoi est-ce que ça a toujours été aux Etats-Unis, et avant cela en Grande-Bretagne, un secret si bien gardé ? Qu'est-ce qui empêche les Etats-Unis de diffuser ce qu'il savent ?

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DAVENPORT : Oui, Larry, beaucoup de gens s'interrogent à ce sujet. Aucun des enquêteurs ufologues parmi les plus motivés ne connaissent la réponse à cette question. Mais ça reste une question intrigante. Bien sûr, la Belgique, le Chili, la France, et maintenant l'Angleterre, pour une part également l'Union soviétique - aujourd'hui la Russie - tous ces pays ont partiellement ouvert leurs dossiers.
On s'attendrait à ce que le gouvernement des Etats-Unis fasse de même. J'aimerais particulièrement voir un responsable du Gouvernement américain, ou des milieux militaires ou encore de la communauté du renseignement, s'adresser aux gens pour leur dire : si vous savez quelque chose dans le domaine du phénomène Ovni, vous pouvez en parler librement en vous adressant à la presse et au public Américain. Ca résoudrait rapidement le problème.

KING : Comme vous le savez, le Lieutenant-Colonel Halt a lui-même observé quelque chose alors qu'il servait dans l'armée américaine. Il avait réalisé un enregistrement alors qu'il enquêtait sur les lieux. Ecoutons.
(Début de la séquence)
HALT : Il n'y a aucun doute là-dessus, il y a cette étrange lumière rouge qui met des flashes.
Voix d'homme : J'ai vu une variante jaune à deux reprises.
Voix d'homme : Bizarre.
HALT : On dirait que ça se déplace un peu vers nous. La lumière est lus vive. Ca vient vers nous.
C'est vraiment en train de venir vers nous.
A présent nous avons un objet qui fait dix degrés plein sud, environ dix degrés sur l'horizon.
Voix d'homme : Il y en a une qui s'éloigne.
Ca part vite.
(Fin de la séquence)
KING : Colonel halt, comment avez-vous été considéré par les autorités après avoir déposé ce rapport ?
HALT : Eh bien, j'ai été traité avec respect, mais tout le monde a pris ses distances. Personne ne tenait vraiment à me cotoyer ou paraître impliqué avec moi. Ce genre d'affaire est traumatisante. Très peu de gens sont disposés à s'exprimer et dire la vérité. C'est bien trop extraordinaire, on ne manque pas de vous critiquer.
KING : Les actions du gouvernement britannique pourraient-elles servir d'exemple aux Etats-Unis ?
HALT : Je le souhaite évidemment, mais la situation dans ce pays est assez différente. Nous avons ici au moins une demie-douzaine d'agences de renseignement qui ont leur propre – comment dire – leurs propres dossiers, qui poursuivent leurs propres programmes, en quelque sorte. Elles ne partagent que si ça les arrange. Elles échangent quand ça leur paraît nécessaire. Et elles font de la rétention.
KING : Est-ce que vous observez beaucoup le ciel ?
HALT : Non, non. Je ne fais partie d'aucune organisation, je ne contribue à aucun magazine d'aucune sorte.
KING : Mais vous êtes convaincu d'avoir vu quelque chose qui n'était pas un avion.
HALT : J'ai effectivement vu quelque chose qu'on ne peut expliquer. Excusez-moi.
KING : Nick Pope, donnez-nous un exemple d'un rapport anglais.
POPE : Eh bien, c'est un rapport qui est dans le domaine public depuis un moment, mais c'est seulement pour vous montrer le genre de cas spectaculaires que nous recevons, nous avons une observation d'un pilote de lignes commerciales qui a vu deux Ovnis dont la longueur faisait environ un mile. Et cette chose a été capturée par le radar. Il y avait un écho du
radar primaire.
Quelques années auparavant, nous avons eu le cas d'un Ovni qui a survolé deux bases militaires en Grande-Bretagne, et qui a été vu par de nombreux témoins, des policiers et des militaires. L'un des officiers de l'Air Force a dit que cette chose était en forme de triangle, elle est passée en quelques secondes d'une position stationnaire à une vitesse plusieurs fois supérieure à celle d'un avion à réaction. Et la personne qui me l'a raconté est un officier de l'Air Force qui compte huit années d'expérience.
KING : Nous avons une question d'un spectateur qui se trouve à Mobile, Alabama. Hello.
APPELANT : Hi, Larry. Je me demandais si ces dossiers contiennent des données relatives à des formes de vie aliènes, ou bien n'y a-t-il que des rapports d'objets volants non-identifiés ?
KING : Bonne question. Bob Rosamond ?
ROSAMOND : Dans nos dossiers, oui. Nous avons rassemblé par le passé un grand nombre de rapports de rencontres supposées avec des aliens, et des expériences avec des entités, ainsi que de possibles abductions.
KING : Est-ce que vous les croyez ?
ROSAMOND : Notre organisation se veut rigoureusement objective, donc il ne peut s'agir de croyance. Seuls les faits et les preuves peuvent amener à conclure ainsi.
KING : Peter, pensez-vous que ce qui se passe en Grande-Bretagne pourrait avoir un effet d'ouverture en d'autres endroits ?
DAVENPORT : C'est un signe encourageant, Larry. Ca pourrait laisser penser qu'il y a un processus actuellement en cours qui pourrait nous délivrer cette information. Peut-être est-ce un moyen de nous préparer à quelque chose, dont le gouvernement a connaissance et qu'il aimerait nous faire savoir. Mais ce n'est qu'une spéculation. Nous nous répétons la même chose depuis 61 ans, et ce n'est toujours pas en vue. Donc, c'est un signe encourageant. Mais j'attends de voir si le gouvernement américain y apporte que quelconque réponse. Ca sera intéressant de voir si le Vatican a autre chose à dire..
KING : Pensez-vous que cette attitude s'explique au nom de la sécurité nationale ?
DAVENPORT : C'est difficile à dire. C'est ce que tout le monde tendrait à penser. Tout le monde se dit que le gouvernement ne divulgue pas cette information au public Américain parce qu'il craint un mouvement de panique. Franchement, ça ne me semble pas du tout tenir la route. Je ne pense pas que les gens se mettraient à paniquer. Regardez les dessins animés du Samedi matin, 90% nous parlent de vie extraterrestre et de vaisseaux spatiaux, et ainsi de suite. Il peut y avoir une autre raison à cette rétention.< .font>

Rosamond Pope Halt Davenport

KING : Chuck Halt, pensez-vous que nous connaîtrons un jour la vérité ?
HALT : J'en doute fortement. Je pense que nous sommes allés trop loin dans la couverture du phénomène, et que nous ne connaitrons jamais le fin mot de l'histoire.
KING : Jamais ?
HALT : Je n'en suis pas totalement certain. Si quelque chose d'étrange venait à se poser sur Times Square et le pelouse de la Maison Blanche, je me dis quand même que nous finirions par savoir.
KING : Ca serait brillant. Nick Pope, nous avons appris que l'astronome du Pape avait dit aujourd'hui que les extraterrestres font partie de la création divine. Est-ce que ça vous a surpris ? Est-ce que c'est un élément nouveau pour vous ?
POPE : Oui, ça a eu un certain impact ici en Angleterre. J'apprécie que ce genre de déclaration survienne à peu près en même temps. A propos de l'idée de couverture et de conspirations, je voudrais ajouter que si les gens s'attendent à ce que ces dossiers du Ministère de la Défense leur apportent la preuve définitive de l'existence des extraterrestres, ils seront forcément déçus. Mais je pense qu'ils y trouveront - qu'ils soient croyants ou sceptiques - des éléments qui soulèvent une quantité de problèmes très sérieux en termes de défense, de sécurité nationale et de sécurité aérienne.
J'aimerais rappeller à ceux que ça intéresse l'adresse du site web des
Archives Nationales. Ce site est entièrement consacré à ces dossiers. Et j'ajoute que tout ce qui se passe en ce moment dans ce domaine témoigne d'un mouvement, et j'apprécie de voir que ça bouge. C'est en train de permettre à ce sujet d'obtenir la faveur des grands medias.
KING : Bob, quand vous recevez des rapports, qu'est-ce que vous en faites ? Vous vous contentez de les classer ? Ou bien vous les analyser ? Que faites-vous ?
ROSAMOND : Non, nous procédons à une enquête approfondie. L'information nous parvient par email, parfois c'est un appel téléphonique, d'un témoin qui a observé quelque chose. Nous leur demandons de rédiger un premier rapport, ce qui nous donne déjà un certain nombre de données. A partir de là, nous menons une enquête précise et détaillée, afin d'explorer toutes les possibilités.
KING : Peter, je vais vous poser la question que j'avais adressée à Chuck. Pensez-vous que nous connaîtrons un jour la vérité ?
DAVENPORT : Je pense que nous saurons la vérité, Larry. En fait, j'ai publié un article il y a environ quatre ans, où je traitais de l'utilisation des radars passifs pour détecter les Ovnis. C'est la solution qui permettra de résoudre ce problème. Dès qu'un de ces systèmes sera en place, je pense que nous serons en mesure de contrer le monopole du gouvernement américain sur l'information relative aux Ovnis. Et j'invite tous ceux qui voudraient témoigner à adresser un rapport au NUFORC. Qu'ils décrivent en un ou deux paragraphes ce qu'ils ont vu et l'envoient à UFOCenter.com.
Nous sommes une organisation dédiée au service du peuple Américain. Nous leur assurons le fonctionnement d'un centre d'appel. Et l'information que nous recevons est rendue publique, afin que tout le monde dispose des informations que nous avons reçues. Nous respectons l'anonymat des personnes.
KING : Chuck Halt, vous avez évoqué un atterrissage sur Time Square. En supposant que ça se passe ainsi que vous le dites, nous nous retrouverons avec plaisir sur ce plateau.
HALT : Ca me va tout à fait, Larry.
KING : En fait, nous vous enverrons à Times Square pour faire la première interview.
HALT : Parfait.
KING : Et nous ferons venir également l'astronome du Pape. Merci à tous de nous avoir éclairé sur cet évènement qu'on doit aujourd'hui aux anglais.