Didier de Plaige

Drones – interview Nexus

Cette interview avait été publiée dans le numéro de NEXUS de Janvier-Février 2008.

KarmaOne - Que pensez-vous de l'affaire CARET ? Est-ce que ça pourrait être une preuve matérielle fournie par un Whistleblower anonyme ?

Didier de Plaige - Si ce n'est pas ce qu'on nous raconte (une rétro-conception d'engins à partir de matériels aliens), je pense qu'un département du Pentagone pourrait avoir essayé de tester sa capacité à produire des documents crédibles (un Rapport, des témoignages, et de nombreuses images) en vue de perfectionner ses moyens d'intoxiquer un camp adverse dans n'importe quel autre domaine : avec l'exemple des drones, les manipulateurs se perfectionneront en observant les analyses des ufologues et des sceptiques, regroupés dans des forums de chercheurs.
C'est aussi l'objectif de certains services de produire en permanence des faux pour entretenir le doute quant aux "vraies" fuites.

Rapport CARET

KarmaOne - Qu'est ce qui vous motive dans cet étonnant dossier CARET ?

DdP - Cette histoire dure depuis plus de six mois [un an maintenant]. Je suis très enthousiaste d'avoir découvert des formes aussi novatrices, tant pour les engins que la Planche, les symboles, et les dispositifs. L'esthétique particulière de tous ces nouveaux éléments, qu'ils soient authentiques ou fabriqués, est particulièrement stimulante. J'ai vu se constituer des équipes de recherches, sur des forums Internet, naître des formes nouvelles de recherches interactives, et j'ai pu témoigner au quotidien de leurs travaux sur mon site Ovnis-USA; j'espère que ça pourrait inspirer des espaces francophones à s'organiser de la même manière, en préférant l'étude aux invectives.

J'ai acquis des notions inattendues dans le domaine de la Création d'images numériques, et mon oeil s'est exercé à mieux percevoir les possibilités de trucages photos..

J'ai découvert des personnalités attachantes sur les forums, qui seront des points de contact possibles pour des voyages à venir.

Ma réflexion sur la Divulgation, les opérations de désinformation, et l'ufologie en général s'est approfondie. J'ai assisté pour la première à la diffusion de documents en haute définition, qui nous changent radicalement des formes de soucoupes floutées, et sont d'une telle qualité qu'ils paraissent indécidables.

J'ai pu observer les réactions d'un grand nombre d'amateurs, confrontés pour la première fois à des formes précises, et je me suis amusé à les entendre exprimer ce commentaire paradoxal : "C'est trop beau pour être vrai !".

Enfin, sur un plan plus personnel, j'ai beaucoup apprécié de m'appliquer avec régularité à une pratique quotidienne, sans jamais avoir à me l'imposer, parce que chaque jour apportait de nouveaux rebondissements. Même si l'activité devait se ralentir sur cette affaire, je ne pourrai pas cesser de rapporter ce qui se passe dans les autres secteurs de l'ufologie américaine, comme je le fais quotidiennement depuis deux ans.

KarmaOne - Qu'est ce qui est en train de se dessiner derrière cette affaire ?

DdP - Peut-être un exemple, un encouragement adressé à d'autres informateurs. Je compare le Rapport CARET aux documents Majestic des années 80. Dans les deux cas nous sommes devant des éléments de preuve totalement indécidables. Seulement cette fois, avec Internet et le travail en équipes sur certains forums, en particulier Open Minds, Stanton Friedman et les Woods père et fils ont été remplacés par 300 chercheurs qui disposent des meilleurs logiciels d'analyse. Ils parcourent le web dans tous les sens, et ils visionnent des dizaines de videos chaque jour sur You-Tube et Google Video... A l'époque Stanton Friedman arpentait seul les couloirs de 40 Archives et Bibliothèques à travers le pays, comparant des textes originaux et des photocopies.

Stanton Friedman

KarmaOne - Que pensez-vous du phénomène des Lanceurs d'alerte en général (et en particulier, l'affaire très bizarre de Dan Burish ou Henri Deacon avec cette dimension "temporelle") mais aussi du problème de la validité des preuves ?

DdP - Il n'y a justement aucune preuve concernant l'un ou l'autre. Le second avait annoncé de graves évènements aux Etats-Unis pour l'été dernier... Les américains sont en train d'envisager de pénaliser les auteurs de récits fantaisistes. Mais ce n'est pas simple, parce qu'il faudra démontrer qu'ils ont causé un réel préjudice. Les agences de désinformation, qui soufflent en permanence le chaud et le froid, peuvent fabriquer des témoignages spectaculaires, destinés à se retourner contre les communautés d'observateurs. Les années passent, et on attend toujours qu'un ancien des Laboratoires de Los Alamos, comme Henry Deacon, transmette un échantillon d'un matériau remarquable..

Ces agences de désinformation sont si habiles que certains doutent encore de leur existence. Pourtant leurs techniques sont enseignées. En France l'idée même de conspiration est encore tournée en ridicule. Souvenons-nous comment Thierry Meyssan a été copieusement diffamé par la chaîne Arte.

Cependant l'idée circule qu'au sein même de ces Agences il y aurait au moins deux courants, l'un favorable et l'autre opposé à la Divulgation.

L'avertissement du Président Eisenhower contre le lobby militaro-industriel n'a pas été entendu, et la Divulgation de la présence aliène pourrait bien attendre jusqu'à ce qu'elle serve à justifier d'énormes investissements en vue de la militarisation de l'espace.

KarmaOne - Pourquoi les ufologues français semblent rétifs à prendre en compte le phénomène des Lanceurs d'alertes ?

Steven Greer

DdP - La frilosité, le manque d'audace des français me surprend en permanence. Une pensée dominante s'impose toujours dans ce pays, qui paralyse les journalistes des grands medias, lesquels sont largement contrôlés par des marchands d'armes... Les témoins craignent d'être lachés, trahis, poursuivis. Aux Etats-Unis, le Commandant Sergent-Major Robert Dean n'a pas craint de renier son serment de réserve pour parler des Aliens, en considérant l'intérêt supérieur du peuple. Avec lui 450 autres témoins ont rejoint le Dr. Steven Greer et son Disclosure Projet. (image)
Mais en France, un Commandant de Vaisseau osera à peine raconter à sa propre famille qu'il a observé un immense objet surgir devant son bâtiment. Il n'est même pas certain qu'il parle sur son lit de mort, tant la pression est forte : il ne supporterait pas que son nom et sa famille soient déconsidérés par l'institution et ses anciens camarades.

Les informateurs craignent toutes sortes de représailles, et protègent leurs sources. Par exemple, Jacques Vallée a pu récemment se permettre, depuis la Californie, et en anglais sur Coast to Coast, de contester les propos lénifiants des autorités françaises suite à la mise en ligne des archives Ovnis du CNES : cependant il a donné cet exemple français sans vouloir préciser davantage : "Je suis particulièrement bien informé pour vous dire que les français ont mis de côté certaines affaires. Le lendemain d'une observation, les militaires ont débarqué, avec tout le matériel d'analyses qu'on puisse imaginer... Ensuite, vous ne retrouverez jamais la trace de cette enquête. Même chose aux Etats-Unis, au Brésil... Le plus souvent ce sont des cas de Rencontres Rapprochées, avec des empreintes au sol, parfois du matériel est récupéré. Ces cas devraient être montrés aux scientifiques. C'est ce qui changerait leurs opinions."

Il est d'avis que les gouvernements devraient maintenant révéler au public tous les éléments dont ils disposent. Il raconte comment, du temps de sa collaboration avec le Professeur Allen Hynek, ils s'étaient aperçus que des rapports très signifiants disparaissaient systématiquement des dossiers : "Il y a des centaines de cas de ce genre, toutes les affaires qui sont particulièrement bien documentées demeurent introuvables." Il a d'ailleurs suggéré en direct à Paul Smith, sur C2C, de tenter une expérience de vision à distance en ciblant ces rapports cachés...

Vallée explique également : "L'info passe des militaires aux politiques, et pour les politiciens, il n'y a rien à gagner à révéler aux populations ce qui pourrait être une préoccupation supplémentaire. J'estime qu'il est stupide de prétexter qu'il faut préserver les gens d'une éventuelle panique; ils sont bien plus mûrs qu'on le prétend."
Cependant, il reconnait qu'il ne suffit pas pour un gouvernement de disposer de preuves pour avoir une vision globale de ce qui se passe : "On voit le Soleil tous les jours au-dessus de nos têtes, mais il y a bien des choses que nous ignorons dans son fonctionnement. Ou encore, c'est comme si on donnait une puce d'ordinateur à un homme du XVIème siècle..."

Jacques Vallee

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