Didier de Plaige

La récente annonce de la NASA

décembre 3rd, 2010 Posted in Décembre 2010

La récente communication de la NASA a laissé sur leur faim de nombreux participants de notre forum. Sergio a estimé utile de publier cette explication : "Je crois que vous abordez cette découverte par le petit bout de la lorgnette.

Des arseniates à la place des phosphates dans l'ARN et l'ADN, c'est au contraire absolument énorme. Et il faut savoir interpréter les choses avec discernement : ça ne remet pas en cause la biologie moléculaire, mais l'immuabilité des constituants chimiques du vivant.

On ne cesse de découvrir depuis des années des bactéries extrêmophiles capables de supporter des conditions démentes de salinité, ou de pression, ou de température, voire même d'acidité etc...

Conditions démentes pour l'environnement terrestre, mais qui peuvent être les conditions ordinaires d'autres environnements planétaires ;).

Nous avons donc déjà, sur notre bonne vieille Terre, des bactéries capables de se multiplier dans des milieux extraterrestres, brûlants, hypersalins et/ou sous d'énormes pressions

Lac Mono

Le problème c'est qu'on ne fait pas assez confiance aux capacités absolument prodigieuses d'adaptation de la vie. Avoir des cellules qui respirent, s'alimentent et se reproduisent dans les conditions sus-citées était un tabou scientifique il n'y a pas si longtemps. Quelques isolés criaient leur conviction d'adaptation de la vie mais étaient cloués au pilori. Las, on a découvert les extrêmophiles et toute la communauté des biologistes moléculaires a bien du admettre que nous avons, ici-même, des bactéries qu'on pourrait très bien utiliser pour ensemencer certaines planètes encore stériles, si l'on pouvait y aller.

Felisa Wolfe-Simon
Felisa Wolfe-Simon

Il restait encore deux dogmes aux grincheux, le mythe de l'unicité de la planète Terre, "elle est la seule à pouvoir accueillir la vie"... Avec 500 exoplanètes découvertes à ce jour, ce premier dogme a volé en éclats. ;D

Le second dogme qu'il leur restait, c'était l'intangibilité absolue de la composition chimique du vivant. Information génétique (et donc toute l'évolution possible de l'ADN) supportée par l'ADN soit un mélange ribose (sucre) + phosphates + bases azotées puriques et pyrimidiques, le tout représentant un mélange de carbone/hydrogène/oxygène/azote/phosphore, auquel s'ajoute le soufre si l'on considère les protéines qui emballent l'ADN pour faire des chromosomes.

Bon, ça voulait dire en clair : tout environnement chimique ne permettant pas d'incorporer ces éléments ne peut pas déboucher sur la vie selon notre modèle.

Et bien finalement non ! L'ADN et l'ARN peuvent utiliser de l'arseniate (à base d'arsenic) à la place du phosphate (à base de phosphore). Encore une fois, il faut réaliser l'énormité de la chose !!!
Donc pour résumer : Non seulement Gaïa héberge en son sein des bactéries qui pourraient très bien vivre dans des environnements physiques (température, pression) et/ou chimiques (salinité, acidité aussi pour certaines) totalement hostiles pour l'immense majorité de la vie de type terrestre, mais en plus on voit aujourd'hui, que certaines espèces bactériennes (enfin une pour le moment, mais je suis convaincu qu'il y en aura d'autres) peuvent en outre recruter des éléments chimiques totalement iconoclastes pour les fondements mêmes de leur organisme (ADN/ARN, difficile de faire plus fondamental que ces deux là....).


Croissance de la bactérie GFAJ-1 à base d'arsenic.

Qu'est-ce que vous voulez de plus ? Les preuves sont déjà là maintenant, que la vie de type terrestre peut se moduler pour fonctionner dans des environnements non terrestres !


Croissance de la bactérie GFAJ-1
à base de phosphore.

Alors bien sûr, ça n'a pas le charme de petits hommes verts ou de vrais bactéries extra-terrestres toujours en attente (le dossier des "micro bactéries" de météorites martiennes n'est toujours pas éclairci dans un sens ou dans l'autre pour l'instant).

Sachons voir le positif, l'extraordinaire même là-dedans, nous pouvons maintenant avoir la quasi certitude que de la vie fonctionnant à peu près sur nos fondamentaux peut prospérer aussi dans des environnements différents, et sachons nous contenter de cela pour le moment.

Car avant d'avoir des photos/échantillons d'êtres vivants E.T., il coulera de l'eau sous le pont.

On verra sans doute de notre vivant la découverte d'environnement chimiques plus ou moins favorables, mais pour ce qui est des bêbêtes elles-mêmes, je crains qu'il ne faille passer la main à nos descendants." :laugh: :laugh: :laugh: - Site web

Sergio, pour Ovnis-USA

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