Didier de Plaige

L’US Air Force et le projet X-37

avril 7th, 2010 Posted in Avril 2010

L'US Air Force lancera dans l'espace, d'ici quelques jours, le vaisseau spatial X-37, l'aboutissement d'un projet soumis à de nombreux soubresauts depuis ses débuts en 1999 sous l'instigation de la Nasa et de la compagnie Boeing.

Lorsque la Nasa y renonça en 2004 pour se consacrer au projet Constellation et à son vaisseau Orion (abandonné lui aussi en cette année 2010), l'US Air Force décida en 2006 de se l'approprier pour en faire un projet strictement militaire.

Projet X-37

Depuis, tout en reconnaissant l’existence du projet X-37 et discutant ouvertement de la conception de ce véhicule spatial, les militaires ou les fonctionnaires gouvernementaux ne donnent que des réponses vagues sur sa finalité. Pourtant le X-37 va décoller d'ici quelques jours de Cap Canaveral pour son premier vol d'essai dans l'espace.

Quelle utilité l'US Air Force a t'elle prévue pour cet engin spatial ? S'agissant d'un secret défense, on n'en est réduit qu'à des suppositions. Il pourrait être utilisé dans la lutte contre des satellites hostiles mais aussi pour transporter ou récupérer des satellites dans l’espace. Il pourrait aussi servir d'engin de reconnaissance au dessus des théâtres d'opérations de guerre ou de sites stratégiques ennemis.

Le seul bémol viendrait du fait que les lancements depuis Cap Canaveral obligeraient à se contenter d'orbite de faible inclinaison, limitant ainsi la couverture géographique pour ce type de mission.

X-37 dans l'espace
Atlas-5

Le projet X-37 ressemble fortement à sa grande sœur la navette spatiale, mais elle est beaucoup plus petite qu'elle, avec un quart de sa taille. Le principal changement par rapport à la navette spatiale vient de son système de lancement.

Contrairement à elle, le X-37 est déposé tout en haut d’une fusée Atlas V et, pour assurer l'aérodynamisme pendant la phase de lancement, le X-37 est entouré d’une coiffe de 5 mètres de diamètre.

Ce projet, dont le déroulement s'est révélé particulièrement chaotique, devait aboutir à un premier lancement dans l’espace en 2008. Il aura fallu finalement attendre le 19 avril prochain, entre 16h49 et 21h12, pour assister à son baptême du feu depuis Cap Canaveral. L'essai se terminera quelques semaines ou mois plus tard par un atterrissage sur la base de Vandenberg en Californie.

Pour Gary Payton, le sous-secrétaire de l'US Air Force pour les programmes spatiaux : "Quoi qu’on dise, nous avons rarement eu la possibilité de ramener sur terre des charges utiles et des expériences faites dans l’espace et, ainsi, de vérifier comment ses expériences se sont déroulés en orbite. C'est une chose nouvelle pour nous."

Bien que la Nasa n’ait plus aucun rôle officiel dans ce projet, le vol d’essai sera une occasion d’étudier comment un petit vaisseau spatial se comporte lors de la rentrée atmosphérique.

Selon Daniel Dumbacher, ancien chef de projet sur le X-37 au Marshall Space Flight Center à Huntsville, Alabama : "Nous restons liés à l'armée de l'air concernant le système de protection thermique, ainsi que sur le guidage, la navigation autonome, la réinsertion (dans l’atmosphère) et pour l'atterrissage".

"Nous restons en contact avec eux dans le but de partager les données, mais seulement dans le cadre de cet objectif."

Projet X-37 reinsertion

Dumbacher ajoute : "La principale raison pour laquelle le X-37 est une nécessité était de disposer d'un démonstrateur pour les systèmes de protection thermique et les systèmes de réinsertion atmosphérique. Nous pouvons faire des tests en simulateur et d'autres choses au sol, mais vous n'obtiendrez jamais le bon environnement jusqu'à ce que vous voliez réellement lors d’un retour depuis l'orbite. La raison pour laquelle la NASA a accompagné le projet X-37 était dû à l’aspect technologique et la démonstration entourant le Système de Protection Thermique."

Cette mission permettra de réaliser un saut technologique important, car il s’agira de la première tentative de rentrée atmosphérique et d'atterrissage autonome dans l'histoire du programme spatial américain. La navette soviétique Bourane a déjà accompli cet exploit lors de son seul vol d’essai automatique en 1988.

Le X-37 au sol

Le porte-parole de l'US Air Force refuse de spécifier les paramètres orbitaux de cette mission. Gary Payton annonce que les plans pour de futures missions du X-37 sont déjà dans les tuyaux pour 2011, mais le destin de ces futurs lancements est lié aux résultats de la mission inaugurale :

"Nous attendrons que ce premier vol soit terminée avant de décider de la taille et du potentiel d'une éventuelle flotte de X-37. Si ce premier lancement est un succès, je serais ravi de voir se multiplier les X-37, et enchanté à l'idée que nous puissions avoir des capacités de Réponse Opérationnelle dans l'Espace."

"Nous pourrions avoir un X-37 prêt en permanence à Vandenberg ou au Cap Canaveral et, moyennant un délai relativement court selon les exigences du Bureau des Armées, nous pourrions placer une charge spécifique dans la soute, le lancer sur une fusée Atlas ou Delta, rester ensuite en orbite le temps nécessaire pour faire le boulot demandé par le Commandement du Bureau des Armées et enfin revenir à la maison. Et pour le vol suivant, nous pourrions avoir une autre charge utile en soute, éventuellement sous un Commandement différent."

Payton a déclaré que le principal objectif de ce vol était une démonstration technique sur la conception de ce vaisseau spatial, afin de voir s'il peut remplir son rôle de véhicule expérimental.

Même si ses caractéristiques et ses capacités de vols ressemblent fortement à la navette, technologiquement le X-37 est très différent.

Au lieu d’utiliser des piles à combustible, le X-37 déploiera des panneaux photovoltaïques pour produire de l'électricité en orbite. De plus il utilisera des commandes de vols électromécaniques plutôt qu'hydrauliques.

Projet X-37 pv

De même les panneaux photovoltaïques fournissant une énergie illimitée, cela permettra au X-37 de rester plus longtemps dans l’espace, jusqu'à 270 jours, beaucoup plus que les quelques jours d'autonomie de la navette spatiale.

D'autres technologies innovantes, que ce soit dans le guidage avancé, la navigation et le contrôle, les systèmes de protection thermique, l'avionique, les structures et joints résistant à de hautes températures et la conformité des isolants réutilisables, ont été développées selon un cahier des charges établi par l'US Air Force.

Rendez-vous le 19 avril pour le premier vol de ce nouvel engin spatial.

dificultnspa, pour Ovnis-USA

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