Didier de Plaige

L’affaire Travis Walton – 2ème partie

février 22nd, 2010 Posted in Fevrier 2010

Suite de l'article en deux parties, commencé hier.

Les recherches

Le shérif adjoint Chuck Ellison répondit au téléphone à Ken Peterson et une rencontre informelle s'ensuivit, dans un centre commercial. Tous les hommes furent présents et se trouvaient, d'après le shérif adjoint, dans un état de détresse, deux d'entre eux étant "en larmes".

Après avoir été avertis, le Shérif Marlin Gillespie et l'Officier Ken Coplan, écoutèrent le récit des hommes et décidèrent, devant l'insistance de Rogers, de se rendre sur place, accompagnés par trois des hommes de l'équipe.

Travis Walton

Aidés par de nombreux bénévoles et policiers, les compagnons de Walton ne trouvèrent aucun indice sur place. Cet état de fait commença à éveiller les soupçons de la police quand à la véracité du récit des hommes.

Par ailleurs, l'inquiétude grandissait concernant Travis Walton lui-même qui, dans cette zone montagneuse particulièrement froide en hiver, pouvait être victime d'hypothermie.

Le frère, Duane, et la mère de Travis, Mary Walton Kellett furent avertis de la situation. La réaction de Miss Kellett, gardant son calme malgré les circonstances, étonna la police et renforça même pendant quelques temps les soupçons...

Premières polémiques

Au matin du 9 Novembre, toujours aucune trace de Walton, malgré les importants moyens déployés par la police (hélicoptères, police montée, jeeps....). Cette dernière envisageant de plus en plus une histoire montée de toutes pièces pour masquer un homicide.

Pendant ce temps, l'affaire fait le tour du monde et les enquêteurs, journalistes et curieux commencent à se presser à Snowflake. L'un des premiers à avoir interrogé les Walton fut Fred Sylvanus. Son enquête apporta les précisions suivantes :

- En raison de la disparition de son ami, Rogers estima être incapable de terminer le contrat le liant au Service des Forêts, et espéra que la recherche de son ami disparu puisse atténuer la situation.
- Duane Walton rapporta que son frère et lui-même ont été vivement intéressés par les OVNIS, après que Duane aie été témoin à plusieurs reprises d'OVNIs, et ce durant dix ou douze années. Cette déclaration fut contraire à celles de Travis, après son retour.

Une des conséquences du rapport de Sylvanus, fut la déclaration du Marshall de la ville de Snowflake, Sanford Flake, selon lequel toute l'affaire n'était qu'une blague réalisée avec un ballon, version contestée par sa propre épouse, les qualifiant de "farfelues".

Le lundi 10 Novembre, toute l'équipe fut soumise à des tests polygraphiques (communément appellé "détecteur de mensonges") administrés par Cy Gilson, du Département de Sécurité Publique de l'Arizona.

Les sept hommes furent soumis à une série de questions, à savoir si l'un d'entre eux avait causé un quelconque préjudice physique ou moral à Travis et s'ils avaient bien été témoins de l'apparition de l'OVNI.

A l'exception de Dallis (qui n'avait pas terminé son examen), Gilson conclut que tous les hommes disaient la vérité, les résultats étant concluants.

Cette version des faits fut acceptée par le Sheriff Gillespie, mais pas par Flake qui, convaincu que Travis Walton se cachait dans la maison familiale, s'y présenta accompagné d'une équipe de télévision.

La polémique sur ce point important n'est pas terminée, nous y reviendrons plus tard.

abduction

Le retour de Walton

Le beau-frère de Walton, Grant Neff, reçu un appel téléphonique le lundi 10 Novembre, peu avant minuit. Croyant au début à une blague, il finit par reconnaitre la voix de Travis Walton, hurlant au téléphone en lui demandant de l'aide.

Neff et Duane se sont donc rendus à la station de gaz de Heber, où ils trouvèrent Travis Walton prostré dans la cabine téléphonique, portant les mêmes habits que cinq jours auparavant, amaigri, et pas rasé.
Persuadé de n'avoir été absent que quelques heures, Walton sembla abasourdi lorsqu'il appris que presque une semaine s'était écoulée depuis sa disparition.

Duane décida de ne pas révéler de suite le retour de son frère, "pour ne pas le fragiliser davantage" ce qui ne manqua pas de susciter la polémique. Il lui fut ainsi reproché d'être complice de dissimulation de preuves.
Dans le même esprit de suspicion, deux des hommes de Gillespie, suite à une indiscrétion d'un employé de la compagnie de téléphone (confirmant par ailleurs l'existence du coup de fil) furent envoyés sur place afin de relever des empreintes de Travis Walton, qu'ils ne trouvèrent pas. Mais les conditions de prélèvements étant loin d'être optimales, de nuit, ce point restera aussi litigieux.

Examen médical et premières incohérences

William H. Spaulding, fondateur du "Ground Saucer Watch" avait proposé à Duane peu de temps après la disparition de son frère, d'organiser un examen médical, s'il devait revenir. Ce qui fut fait, à Phoenix, Arizona, le mardi matin.
Cependant, déçus que le médecin soit un hypnothérapeute (le Dr Lester Steward) et non un généraliste, les Walton se fâchèrent avec Spaulding et refusèrent dès le lendemain tout autre contact avec lui.

jimcorallorenzen
Jim et Coral Lorenzen

C'est à cet instant que Coral Lorenzen, de l'A.P.R.O., entra en contact avec les Walton et restera leur interlocuteur privilégié.
Une des premières actions de Lorenzen fut d'organiser à nouveau un examen médical, cette fois-ci avec un généraliste et un pédiatre.

L'examen médical a révélé que Travis était essentiellement en bonne santé, mais avec cependant deux caractéristiques inhabituelles :

* Une petite tache rouge au niveau du pli du coude droit de Travis pouvant être le signe d'une injection hypodermique, mais les médecins ont également noté que l'endroit n'était pas à proximité d'une veine;
* L'analyse d'urine de Travis a révélé un manque d'acétones.

C'était inhabituel, car si Travis avait en effet été absent pendant cinq jours, sans nourriture, comme sa perte de poids l'avait suggéré, son corps aurait dû commencer par décomposer les graisses pour survivre, produisant ainsi des niveaux très élevés d'acétone dans ses urines. Les critiques pourraient faire valoir ce point comme une preuve contre l'histoire de Travis.

Cependant, on ne connaît pas exactement les détails du traitement subit par Walton dans l'OVNI. La régression hypnotique montre chez Travis l'existence d'un blocage mental impénétrable. Il est ainsi tout à fait possible qu'une partie nous soit inconnue, et pourquoi pas l'administration d'une forme de nourriture, précédant ou suivant un examen médical.

Dans son livre "The UFO Book : Encyclopedia of the Extraterrestrial" Jérôme Clark, éminent ufologue, chercheur et écrivain, note l'absence de meurtrissures, bleus, bosses et autres traces qui auraient dû apparaître après une chute de 3m lorsque l'OVNI émis le rayon qui frappa le témoin.

Mais ce point est vivement contesté par Walton qui affirme être peu sensible à ce genre de meurtrissures, de par son expérience de boxeur amateur et son habitude à travailler dans des conditions rudes. Après cinq jours d'absence, sait-on véritablement ce qui resterait de telles traces?

Travis Walton dans l'OVNI

La première personne a entendre le récit de Walton fut le sheriff Gillespie.
Mais revenons dans la clairière où Travis Walton fut frappé par le rayon lumineux émis par l'OVNI. Selon lui, ce sera son dernier souvenir.

Son réveil, douloureux, lui donnera l'impression première de se trouver dans un hôpital.

Après avoir recouvré ses esprits, il se rendit compte qu'il était entouré par trois créatures chauves, petites, avec des grands yeux sombres et habillés d'un genre de combinaison orange.

Travis, devenu comme hystérique à ce moment-là, tenta malgré sa faiblesse, d'attaquer les créatures et de leur faire peur, avec pour seul résultat de les faire fuir.

S'ensuivent diverses évolutions de Travis dans l'OVNI, et rencontres avec d'autres types d'entités humanoïdes, dont le récit détaillé et complexe se trouve sur son site.

s_aliens

Après que l'une de ces entités lui eut appliqué sur le visage un masque anesthésiant, Travis s'évanouit et se réveilla sur la route à proximité de la station de Heber.

Polémiques et controverses

Nombreuses furent les polémiques; on sait qu'elles débutèrent avant même le retour de Travis, elle reprirent de plus belle à peine Travis eut-il raconté son histoire au Sheriff Gillespie.

Ainsi, après avoir entendu l'histoire de Travis, Gillespie spécula que Travis aurait pu avoir été frappé puis drogué et emmené dans un hôpital où il avait confondu les détails d'un examen de routine avec quelque chose de plus spectaculaire.

Travis a rejeté cette idée, en affirmant que l'examen médical n'a trouvé aucune trace de traumatisme crânien ou de drogue dans son corps. C'est alors que Travis proposa au Sheriff Gillespie de se soumettre soit au test du polygraphe, soit à l'hypnose, afin de soutenir ses affirmations.

Gillespie déclara que le polygraphe devrait suffire, et a promis d'en organiser un dans le secret pour éviter la cacophonie médiatique croissante.

La séance d'hypnose fut cependant faite en premier lieu, en présence de Duane Travis. La rencontre eut lieu à Scottsdale, en Arizona, avec le consultant de l'APRO, James A. Harder, qui organisa la scéance, dans l'espoir de découvrir plus de détails sur les cinq jours manquants.

Clark écrit à propos de cette séance que "contrairement à beaucoup d'autres personnes enlevées, la mémoire consciente et inconsciente de Walton étaient identiques, mais présente que pour un maximum de deux heures, et peut-être moins, sur une absence totale de cinq jours".

Curieusement Walton... a rencontré un blocage mental impénétrable et a exprimé l'avis qu'il serait "mort" si la régression se poursuivait.

NATIONAL ENQUIRER UFO REPORT

En ce qui concerne le test polygraphique, Duane Travis l'annula dans un premier temps, car la presse ayant eu vent de l'histoire, il pensa avoir été trahi par le Shériff...

Finalement, après maintes tergiversations, il fut convenu de faire l'examen, sous contrôle cette fois-ci de John J McCarthy, du laboratoire de polygraphie de l'Arizona.

Ce test fut un échec total et restera très controversé, aussi bien du côté des partisans des Walton, jugeant les méthodes de Mc Carthy peu orthodoxes, que de celui de leurs opposants, se fiant à sa conclusion, à savoir que Travis Walton mentait.

Il fut décidé en définitive d'annuler ce test, avec l'accord des Walton, de l'APRO et du "National Enquirer", qui finançait ses recherches sur ce cas.

Encore aujourd'hui, les spécialistes et experts psychiatres et polygraphiques restent divisés sur la question, certains remettant en cause la méthode elle-même.

Enfin, pour en terminer avec les controverses, il faut noter l'implication dans l'affaire du célèbre debunker Philip J. Klass, qui a révélé l'existence du polygraphe annulé à la presse.

Ses deux principaux arguments contre la véracité de l'affaire sont :
- Un intérêt financier important, dû à l'incapacité de Rogers d'honorer son contrat avec le Service des Forêts, bien que cela se soit déjà produit par deux fois, sans préjudices pour Rogers,
- Le fait que Rogers avait vu une partie du documentaire "The UFO Incident" diffusé par la chaîne ABC, et relatant l'enlèvement des époux Hill, mais ce fait n'a jamais été formellement prouvé et rien n'indique chez Rogers une telle prédisposition à l'affabulation.

Suites de l'affaire

En 1978, Travis Walton publia le livre "The Walton Experience", où il narre de façon exhaustive son expérience; une partie de ce récit est consultable sur son site Internet.

Ce fut l'occasion pour certains de se montrer incrédules, accusant Travis d'un excès d'imagination. Peut-être avait-il voulu simplement "améliorer" son récit afin de le rendre plus attractif, sans réelle volonté de mentir ?

En 1993, l'adaptation de l'histoire de Walton sort sous le nom "Fire in the sky". Bien que Walton et Rogers aient participé à sa promotion, il rencontra un succès mitigé.

L'essentiel des critiques reposait sur le fait que le film n'était pas véritablement fidèle aux évènements, en particulier concernant les évolutions de Walton dans l'OVNI.

Des lettres d'excuses furent envoyés par le scénariste à quelques ufologues, s'excusant des altérations apportées à l'histoire de Walton, arguant que celles-ci avaient été demandé par les studios... Mais le mal était fait...

Depuis, Travis Walton fait des apparitions régulières dans les conventions ufologiques Américaines, telle celle de Laughlin le 26 février, et participe à l'élaboration de documentaires.

fire in the sky

Pour conclure, cette affaire passionnante et complexe n'a jamais pu véritablement être prouvée comme étant une fabrication des Walton et de Rogers. De nombreuses controverses continuent donc encore aujourd'hui à avoir lieu, et aucun des 7 membres de l'équipe présents ce jour-là ne s'est défaussé, même 35 ans après.

Source 1 - Source 2

elevenaugust, pour Ovnis-USA

Compléments & Commentaires

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