Didier de Plaige

La police ramassera les morceaux

janvier 2nd, 2010 Posted in Janvier 2010

Le chroniqueur Billy Cox revient sur la récente décision du gouvernement américain de laisser la FAA privatiser le recueil de témoignages Ovnis. Cette mesure, qui entre en application dès le 11 février prochain, a été présentée ici la semaine dernière. Il manie l'impertinence et la dérision, et ses tournures sont à prendre au second degré.

"Il y aura quarante ans cette semaine, les Etats-Unis ont mis fin à leurs enquêtes officielles sur les Ovnis, en clôturant le Project Blue Book de l'US Air Force. C'est donc très opportunément que la FAA (Federal Aviation Administration) vient de publier l'une de ses contorsions parmi les plus risibles au sujet de ces engins particulièrement encombrants.

Billy Cox
FAA

Le 10 décembre, la FAA a publié une mise à jour de ses protocoles, ou Air Traffic Organization Policy, qui forme un indigeste document de plusieurs centaines de pages. A l'article 4-7-4, dans la première partie concernant les rapports d'Ovnis, il est demandé aux témoins de contacter une entité privée comme le BAASS (Bigelow Aerospace Advanced Space Studies), soit par email ou via un numéro vert. Du fait que le milliardaire Robert Bigelow contrôle déjà certaines des enquêtes de terrain du MUFON, tout ça pourrait paraitre logique. Si on veut.

Mais le plus étrange, ce sont les instructions qui sont données en seconde partie de la recommandation : "Si vous considérez que la vie et les biens pourraient être menacés, signalez alors cette activité au poste de police le plus proche."

Whoa, vous avez bien entendu ? Ce n'est pas un communiqué de presse. C'est une mise à jour interne, qui concerne les procédures en cours. On pourrait s'imaginer que l'Article 4-7-4 explique comment orienter désormais le public - comme pour dire : 'si quelqu'un appelle la tour de contrôle à propos d'Ovnis, voilà comment s'en débarrasser...' Mais c'est bien aux employés que ça s'adresse. Parce que, finalement : le gouvernement ne veut pas entendre parler d'Ovnis.

Voilà où est le problème : l'Article précédent, numéro 4-7-3, informe les employés que le Centre de Commandement du Système de Contrôle du Traffic Aérien est censé centraliser tous les rapports sur "les modifications ou les dysfonctionnements des matériels, qui pourraient avoir un impact sur le dispositif", quelle qu'en soit l'origine. Il n'est pas question d'Ovnis à ce stade. Pourquoi ne pas les mentionner ?

Il y a neuf ans, une étude conduite par le NARCAP (National Aviation Reporting Center on Anomalous Phenomena) avait passé en revue 3.400 rapports d'observations d'Ovnis venant du monde entier, déposés par des commandants de bord civils, des militaires, et des pilotes privés, concernant la période de 1950 à 2000.

L'analyse réalisée par Richard Haines, un ancien scientifique de la NASA, se fondait sur les données de la FAA, de la NASA, et du Bureau National de la Sécurité aérienne. Elle avait mis en évidence les effets électro-magnétiques des Ovnis sur les systèmes électroniques de commandes, pouvant causer des changements de régime ou des situations critiques de possibles collisions.

Richard Haines

Ce constat est si dérangeant, particulièrement pour les pilotes Américains, que Haines s'était senti obligé de remplacer le sigle Ovni par celui d'UAP (unidentified aerial phenomenon). Le NARCAP montra que 23% des pilotes qui avaient répondu au sondage avaient vu quelque chose qu'ils ne pouvaient identifier, mais seulement 25% en avaient informé leur compagnie ou une agence gouvernementale, par crainte du ridicule. On voit clairement que le nombre de rapports d'Ovnis, ou d'UAPs, est très en dessous de la réalité.

NARCAP logo

Haines ne se souciait pas tellement que les Ovnis puissent entrer en collision avec nos avions; leur vitesse étonnante et leur maniabilité permet d'écarter ce risque. En revanche, l'ancien responsable du Bureau des Facteurs Humains dans l'Espace au centre Ames de la NASA considérait que le risque était grand, à l'occasion de telles rencontres inattendues, de voir se produire des erreurs de pilotage aux conséquences dramatiques.

Ca pourrait être déjà arrivé, mais nous ne le saurons jamais. Parce que le gouvernement ne s'intéresse pas aux Ovnis.

Note pour la FAA : Faites un effort pour vous exprimez clairement. Les pilotes sont-ils réellement censés rapporter à la police des manoeuvres d'Ovnis qui seraient dangereuses pour les passagers ? Etes-vous sérieux ? Parce que si c'est le cas, il faudrait peut-être que nos policiers reçoivent une formation sur la navigation aérienne.." - Source

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