Didier de Plaige

Détecter la vie dans la glace de Mars

novembre 16th, 2009 Posted in Novembre 2009

Marie Freebody montre dans Photonics.com comment des astrophysiciens se préparent sur Terre, dans des conditions extrêmes, à tester la présence de la vie sur d'autres planètes.

"L'Antarctique pourrait sembler stérile et inhospitalière, peu propice à héberger des formes de vie. Cependant on peut découvrir bien des secrets sous la couche de glace qui recouvre ses lacs.

Le Dr. Michael C. Storrie-Lombardi, directeur de l'Institut Kinohi, et le Dr. Birgit Sattler, de l'Université d'Innsbruck en Autriche, ont mis au point une technique d'imagerie nommée LIFE (Laser-Induced Fluorescence Emission), qui permet d'y détecter des bactéries.

Mais leur objectif est d'utiliser cette technologie pour identifier la vie microbienne dans l'environnement extrême de Mars, sur les lunes glacées de notre système solaire, et sur les exoplanètes.

Dr Michael Storrie-Lombardi

LIFE utilise des appareils photo numériques et des lasers du commerce, pour stimuler et enregistrer la fluorescence des pigments photosynthétiques des colonies de microbes qui se trouvent dans les lacs de l'Antarctique. Sur Terre, cette technologie doit assurer à la fois l'observation à distance et l'examen in situ à l'échelle du micromètre, sans détruire les systèmes vivants complexes.

En ce qui concerne l'exploration d'autres planètes, il suffit de mettre au point un dispositif fiable, et assez simple, qui peut être utilisé aussi bien par un explorateur qu'un robot adapté à cette recherche.

Dr Michael Storrie-Lombardi

Storrie-Lombardi explique : "A ce jour, la plupart des systèmes en orbite et sur site fonctionnent sur la spectroscopie par absorption ou l'imagerie, dont la représentation multispectrale et hyperspectrale. Cette méthode est très efficace et relativement facile à mettre en place. Par ailleurs, la spectroscopie Raman a bénéficié d'avancées significatives quant à sa robustesse et sa sensibilité; toutefois, la phase de collecte et la destuction des échantillons restent problématiques."

Le phénomène de fluorescence induit par le laser présente une solution intermédiaire qui est relativement facile et peu coûteuse. On obtient rapidement des données exploitables en utilisant très peu d'énergie, et donc le risque d'endommager les molécules ciblées se trouve minimisé.

Cette technique vient d'être exposée dans le journal Astrobiology. Elle consiste à prendre une image de fond en lumière naturelle avec une caméra à capteur CMOS. Ensuite, on émet un rayon laser 532-nm pour susciter une fluorescence, et on prend une nouvelle image.

Il ne reste plus qu'à éliminer le bruit de fond du laser 532 nm, avec des filtres et/ou numériquement - en comparant la réponse obtenue selon différentes longueurs d'onde dans le visible et le proche infrarouge, avec la réponse attendue en l'absence d'émission de fluorescence.

Storrie-Lombardi ajoute : "On a déjà utilisé des lasers 532-nm pour identifier et surveiller la floraison de phytoplancton marin, mais c'est la première fois que cette technologie est appliquée pour identifier, à cette échelle, des bactéries photosynthétiques au sein de la glace."

Cette technologie est si peu coûteuse qu'elle est accessible à des étudiants, à toutes sortes de scientifiques, et même à des chercheurs indépendants.

Storrie-Lombardi et Sattler partagent leurs découvertes avec des collègues du Mullard Space Science Laboratory à l'University College de Londres, et de l'Université d'Oregon à Corvallis.

Ensemble, ils souhaitent développer une méthode qui pourrait s'appliquer à la recherche de la vie dans les glaces de Mars." - Source

Compléments & Commentaires

Birgit Sattler
Share This Post

Sorry, comments for this entry are closed at this time.