Didier de Plaige

Vendredi 28 Novembre

novembre 28th, 2008 Posted in Novembre 2008

L'avis d'un sceptique est intéressant à connaître, quand il s'inspire de Marcello Truzzi et sait garder l'esprit ouvert. L'astronome Bernard Haisch est de ceux-là, qui se méfie autant des croyants que des pseudo-sceptiques militants (dont la démarche consiste à faire valider des conclusions sans avoir mené une enquête objective).

Haisch traite sur son Blog de cette question importante : "Le Président des Etats-Unis pourrait-il être informé d'un programme Ovni dont l'accès est réservé ?"

"En 1976, le candidat Jimmy Carter avait promis qu'il ouvrirait tous les dossiers Ovnis.

Bernard Haisch

Alors Gouverneur de la Géorgie, Carter avait observé un objet volant. Après avoir remporté l'élection, il avait rencontré le directeur de la CIA, George H. W. Bush, pour lui demander d'être informé sur le sujet.

Robert Frosch

Bush lui avait opposé un refus, en affirmant que son statut présidentiel, pas plus que celui de Commandant-en-Chef ne lui conféraient le fameux "besoin de savoir."

Carter s'était ensuite adressé à la NASA, à travers son conseiller scientifique - Frank Press - pour obtenir que son administrateur Robert Frosch "constitue un petit groupe d'enquêteurs" afin d'évaluer la situation actuelle concernant les Ovnis.
Ces échanges sont répertoriés sous l'intitulé "UFOs and NASA" (
Journal of Scientific Exploration, p. 93-142, 1988). Selon Richard C. Henry, il n'en est rien ressorti.

Puis un jeune astrophysicien (devenu un professeur éminent de l'Université Johns Hopkins), assistant du directeur de ce qui était la Branche Astrophysique au siège de la NASA, a hérité de la 'patate chaude'. La NASA a alors fait traîner pendant cinq mois de toutes les manières possibles, ainsi que Henry l'a raconté, avant d'opposer poliment une fin de non-recevoir.

Trève de plaisanteries avec la NASA. En supposant qu'un tel programme sur les Ovnis existe vraiment, et qu'il s'agisse d'un Programme spécial et classifié au sein du Ministère de la Défense, sur quelle base légale pourrait-on en refuser l'accès au Président et Commandant-en-Chef ?

Le sujet Ovni pourrait être en réalité classifié au nom de quelques lois édictées par le Congrès vers la fin des années 40 au nom de la Sécurité nationale - mais bien sûr sans aucune référence aux Ovnis - et signées du Président Truman. Quelques membres du Congrès, mais pas nécessairement, ont pu réaliser à l'époque que les enjeux dépassaient le cadre de la Guerre Froide. Ce prétexte de Sécurité Nationale avait pu servir à l'époque où la menace nucléaire soviétique faisait souffler un vent de quasi panique.

Il y a au moins deux poubelles qui permettaient d'évacuer le sujet Ovni, afin qu'il soit impossible aux Présidents suivants de décider unilatérallement de le faire émerger de nouveau (par la voie légale) ou même, simplement, d'en prendre connaissance.

Harry Truman

La première poubelle est la catégorie RD (Restricted Data) instituée par la loi de 1946 sur l'Energie Atomique, relative au SNM (Special Nuclear Material); l'autre poubelle était ce qui devint par la suite le système du Waived Special Access Program, mis en place sous l'autorité du Conseil National de Sécurité, qui remonte à la loi de Sécurité Nationale signée par Truman en 1947 (à noter que ce fut seulement quelques semaines après l'incident de Roswell).

Allen Dulles

Celà signifie que même si un futur Président s'adressait à quelqu'un qui connait l'existence d'un tel programme, cette personne serait contrainte par la loi, non seulement de n'en rien révéler au Président, mais aussi de faire tout son possible, si nécessaire, pour l'aiguiller sur de mauvaises pistes. (Une telle pratique est évoquée dans des documents controversés, de source imprécise, que les chercheurs Ryan et Robert Wood ont obtenus et qui émaneraient d'Allen Dulles, directeur de la CIA dans les années 50).

Si de nos jours un président se lançait dans la même démarche sans disposer des accréditations nécessaires (qu'il ne peut s'octroyer), il lui serait certainement répondu (en toute légitimité) qu'il n'y a rien à divulguer. Si cette hypothèse est juste, alors l'information Ovni serait un secret "enterré d'office" par la loi sur l'Energie Atomique : il ne pourrait être révélé à quiconque n'aurait pas au moins une accréditation de niveau "Q", selon les normes de l'AEC, (mais plutôt de niveau "R" ou supérieur). Il devrait aussi justifier d'une nécessité légitime dans le cadre de sa charge.

Selon la loi, le Commissaire de l'AEC "possède" depuis toujours l'ensemble de la catégorie RD. Les règles qui s'imposent sur l'accréditation AEC sont relativement distinctes de ce qui se pratique dans les autres départements de l'éxécutif. Avant de délivrer une habilitation Q ou supérieure, le Commissaire doit entre autres s'assurer que la personne a une conduite morale "irréprochable". C'est pourquoi le Commissaire pouvait retirer l'accès RD à Richard Nixon, juste parce qu'il n'avait pas apprécié l'opération du Watergate, ou bien à Bill Clinton, à cause de ses frasques.

Un nouveau Président qui voudrait s'intéresser à ce que sait le gouvernement sur les Ovnis doit être persévérant, habile, et savoir où il met les pieds, comme le montre l'échec de Clinton auprès du Général Webster Hubbell, alors Procureur-adjoint. S'il se contentait de publier un ordre éxécutif présidentiel, pour déclassifier le sujet, il risquerait fort de se voir répondre que le dossier est totalement vide.

En premier lieu, il faudrait commencer par déterminer précisément sous quelle juridiction l'affaire est classifiée. Il serait préférable que le Président constitue une petite équipe de chercheurs, qui disposent au moins des habilitations de haut niveau, parce qu'elles sont indispensables pour consulter tous les registres classifiés des Décisions Présidentielles, ainsi que les annexes classifiées de la loi sur l'Energie atomique et la loi sur la Sécurité Nationale." Source

Compléments & Commentaires

Webster Hubbell

Il serait intéressant de confronter Bernard Haisch et John Podesta, dont a vu qu'il était au contraire très confiant dans l'application de la loi pour parvenir à une divulgation d'initiative présidentielle. Voir la courte video de son intervention en 2001 devant le Press Club, publiée ici le 30 octobre.

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