Didier de Plaige

Lundi 30 Juin

juin 30th, 2008 Posted in Juin 2008

A contre-courant : "Les observations d'Ovnis devraient être traitées plus sérieusement"
Une interview de David Clarke par Nick Jackson pour
The Independant.
David Clarke présente des conférences qui traitent du journalisme, à l'Université Hallam de Sheffield, en Grande-Bretagne.

"On plaisante au sujet des Ovnis, à cause de la "lunatic fringe", qui est attirée par le sujet, et les medias ne parviennent pas à traiter sérieusement du phénomène. Mais c'est un sujet sérieux. Le manque de respect de la part des medias se répercute dans la culture populaire. De ce fait, si vous recherchez à faire financer une étude selon des critères académiques, il vaudra mieux éviter que ça concerne les Ovnis parce que ce serait un suicide professionnel.

J'ai moi-même essayé de faire financer une étude dans ce domaine, mais c'est un sujet tabou. Personne ne se montre intéressé, à cause de l'image qui est renvoyée. C'est une honte, parce qu'il y a une abondance de matériels intéressants dont nous pourrions disposer, mais c'est beaucoup trop contemporain. En revanche il sera parfaitement acceptable que des historiens étudient la sorcellerie au Moyen-Age, mais ces phénomènes Ovnis ne nous offrent pas assez de recul, et ces gens auxquels on peut s'adresser pour recuillir leurs témoignages sont décidément trop proches. Quand vous commencez à évoquer une éventuelle recherche sur la question des Ovnis, les gens vous demandent aussitôt quelles sont vos motivations."

"Si vous observez les discussions rapportées par les medias après la publication des documents du gouvernement sur les Ovnis, vous ne pourrez échapper à la question : serions-nous visités par des aliens ? On en revient toujours là. Il y a bien davantage à s'occuper avec le matériel qui a été publié, que de s'intéresser de savoir s'il s'agit ou non d'aliens. Il y a deux ou trois cents rapports de manifestations d'Ovnis qui parviennent chaque année sur le bureau du Ministère de la Défense, et ça ne représente qu'une infime partie des phénomènes observés. Si vous extrapolez au niveau mondial, ça représente des centaines de milliers d'observations tous les ans.

Il y avait toujours des gens qui venaient trouver l'astronome Carl Sagan après ses conférences pour lui demander : "Est-ce que vous croyez ?" La question le surprenait toujours. On ne lui demandait pas : "Quelles preuves avons-nous ?" Mais, "Est-ce que vous croyez ?" Pour beaucoup c'est une affaire de foi, et les Ovnis peuvent devenir un substitut de la religion. Ce qu'ils aiment avant tout c'est cette part de mysrère, ils ne sont pas en quête de la solution. En 1956, un sociologue américain a intégré une secte soucoupiste, qui prophétisait la fin du monde. Naturellement il n'est rien arrivé de tel, mais au lieu de se détourner de ce culte, les participants ont renforcé leur système de croyance.

Par conséquent les sociologues, les psychologues, et les anthropologues pourraient disposer d'une quantité impressionnante de données à étudier. Le Ministère de la Défense britannique est parvenu à la conclusion qu'il existe des Ovnis, mais qu'il ne s'agit pas forcément de vaisseaux spatiaux. Il y a donc des rapports sur des phénomènes naturels que nous ne parvenons pas à compendre, et ça devrait constituer un sujet d'étude pour les météorologistes ou les physiciens de l'atmosphère. C'est vraiment dommageable que personne ne s'y consacre sérieusement."

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