Didier de Plaige

Dimanche 16 décembre

décembre 16th, 2007 Posted in Décembre 2007

Le site canadien de langue anglaise SeedMagazine, titre cette semaine : "Qui parle au Nom de la Terre ?". L'article de David Grinspoon s'interroge sur les initiatives incontrôlées de communication vers les aliens :

"Après des décennies de recherches, le programme SETI n'a détecté aucun signal d'intelligence extraterrestre. Actuellement, certains scientifiques espèrent établir un contact en émettant des messages vers les étoiles. Sommes-nous prêts pour une réponse ?

Alexander Zaitsev, Chef de Département à l'Institut des Radio-Techniques de l'Académie des Sciences de Russie, a accès à l'un des plus puissants radio-émetteurs terrestres. Bien qu'il l'utilise dans le cadre des études planétaires de l'Institut, Zaitsev essaye également d'établir le contact avec d'autres civilisations qui pourraient se trouver dans les sytèmes solaires voisins. Il pense qu'il existe une intelligence extraterrestre, et que notre espèce a une obligation morale d'annoncer sa présence aux autres habitants de la Voie Lactée. Car si tout le monde se contente d'être à l'écoute, la recherche d'une intelligence extraterrestre (SETI) ne risque pas de progresser.."

"Zaitsev a déjà émis quelques messages vers le ciel, ce qui constitue le mode "actif" de SETI. Certains scientifiques considèrent qu'il joue de manière indépendante un rôle de porte-parole terrestre.
On en revient alors à évoquer les dangers d'une telle pratique. Pendant des années ce genre de débat n'avait concerné que les personnes impliquées dans le programme SETI. Mais la controverse s'est amplifiée l'année dernière, lorsque la revue Nature a publié un éditorial épinglant les membres du SETI qui ne souhaitaient pas débattre publiquement de tels risques. En Septembre dernier, deux responsables avaient d'ailleurs démissionné en signe de protestation contre cette attitude. Les critiques d'une démarche en mode "actif" portent sur le danger potentiel d'alerter des entités dangereuses ou malveillantes quant à notre présence.
Selon le premier, John Billingham, l'un des scientifiques de premier plan du Programme SETI (Institut privé basé à Mountain View, Californie) : "Il est question d'initier une communication avec d'autres civilisations, mais nous ignorons tout de leurs buts, de leur capacités, ou de leurs intentions".

"John Billingham a étudié la médecine à Oxford et dirigé la première recherche extraterrestre conduite par la NASA en 1976. Il pense que nous devrions appliquer le premier principe du serment d'Hippocrate dans notre attitude galactique : "Avant tout, ne pas nuire." Pendant des années, Billingham a présidé le Groupe Permanent d'Etude (PSG) du sous-comité SETI de l'Académie Internationale d'Astronautique, un forum très écouté quand il s'agit des accords internationaux liés à SETI. Mais en dépit de son implication dans ce groupe, Billingham est donc l'un de ceux qui ont démissionné en septembre, considérant que le PSG a manqué de sagesse en refusant d'accepter la mise en place d'une vaste consultation interdisciplinaire sur le SETI Actif. "Au moins nous devrions commencer par en parler, et pas seulement au sein du SETI. Nous avons une responsabilité face au bien-être et à la survie de l'humanité."

L'autre démissionnaire est Michael Michaud, ancien diplomate de haut niveau au Département d'Etat américain, spécialiste des protocoles technologiques. Michaud a décidé de s'impliquer dans le débat : "SETI en mode Actif n'est pas de la science; c'est de la diplomatie. Mon objectif personnel n'est pas de faire cesser toutes les émissions, mais que la discussion ne se limite pas à un petit groupe d'élites."

Michaud est l'auteur de ce qui est devenu le "Premier Protocole SETI", une liste d'actions à entreprendre dans le cas où SETI aboutirait à un résultat. A la fin des années 80, plusieurs organisations internationales avaient adopté ses principes : En premier lieu, avertir la communauté SETI, et lancer une coopération afin de vérifier le signal alien. Ensuite, si la découverte est confirmée, l'annoncer publiquement. Enfin, ne pas envoyer de réponse avant que les nations du monde aient été consultées. Un "Second Protocole SETI" était prévu qui devait définir la méthode à adopter pour l'envoi de messages depuis la Terre, mais les choses se sont compliquées. Tout le monde s'accordait à dire que si un message était reçu, un dialogue élargi serait mis en place, mais rien n'avait été tranché concernant les pratiques du SETI Actif avant toute détection préalable.

Lors d'une rencontre l'an dernier à Valence, en Espagne, le PSG qui se trouvait ainsi divisé a procédé à un vote en vue de modifier l'ébauche du Second Protocole de Michaud. Ils ont essayé d'aménager la phrase concernant "les consultations internationales appropriées avant toutes émissions de la Terre", passant outre aux observations de Billingham et Michaud, et justifiant l'éditorial de Nature. Michaud résume ainsi l'évènement : "Le fossé s'est creusé. Ils ont procédé par vote mais ne sont pas parvenus à un consensus. Ceux qui avaient des vues divergentes n'ont pas été écoutés." Michaud et Billingham pensent qu'en n'insistant pas sur des consultations internationales préalables, le SETI PSG a tacitement encouragé les émissions sauvages." (la suite).
C'est aujourdhui que Arthur C. Clarke fête ses 90 ans. Il vit au Sri Lanka depuis 50 ans : "Mon plus cher désir serait de voir la preuve qu'il existe une vie extraterrestre. J'ai toujours été persuadé que nous ne sommes pas seuls dans l'Univers. Mais nous sommes toujours en attente que les E.T.s nous fassent un signe."

Il souhaite également que nous parvenions à mettre au point une énergie propre et que les populations ne soient plus 'accros' au pétrole. Clarke a écrit sur l'énergie illimitée obtenue par la fusion nucléaire - comme ce qu se passe dans le Soleil - et il pense que le pétrole pourrait être utilisé pour synthétiser de la nourriture.
Il a constaté le développement rapide des communications dans le cours de sa vie, et il observe que le téléphone portable a transformé l'humanité en une "famille globale en perpétuelle discussion". Il ajoute : "Les technologies de la communication sont nécessaires, mais pas suffisantes pour permettre aux humains de se comprendre."
"Il demeure de nombreuses sources de conflits à travers le monde. Les outils technologiques nous sont utiles pour collecter et diffuser de l'information, mais il nous faut aussi développer des qualités comme la tolérance et la compassion en vue de parvenir à une meilleure compréhension entre les peuples et les nations."

Arthur C. Clarke
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